Par Gratis Makabi
Le Mouvement citoyen, LUCHA -Lutte pour le Changement- s'est exprimé sur l'expulsion de 17 Chinois du sol congolais, après avoir été arrêtés et transférés à la DGM -Direction Générale de Migration- suite à l'exploitation illégale des minerais à Walungu, au Sud-Kivu.
D'après la LUCHA, l'arrestation de ces Chinois, qui devait être un pas vers la justice et la répression d'une mafia minière internationale et nationale, semble se transformer en un jeu politique et administratif souillé de pires complicités de corruption à ciel ouvert.
"Sans crainte de la réaction du peuple, le gouverneur du Sud-Kivu dénonce ce qu'il appelle un coup contre la province; car, après leur arrestation, ils ont été mis à la disposition de la Police qui les a ensuite transférés à la DGM; le gouverneur précise que la DGM les a expulsés du territoire congolais, sans en informer l'autorité provinciale qui mettait la pression pour le paiement de 10 millions USD. Les Chinois sont passés par le Rwanda avant de retourner dans leur pays, après 4 ans d'exploitation aurifère sans titre de séjour ni permis d'exploitation. Le gouverneur regrette en disant, lorsque j'ai appelé le directeur de la DGM, il m'a dit qu'il avait agi sur instruction de sa hiérarchie à Kinshasa. Pourtant, nous avions discuté de cette affaire en conseil de sécurité et convenu qu'ils ne devaient pas être libérés", indique un communiqué de ce mouvement citoyen.
Pour la LUCHA, il y a plus de questions que de réponses dans cette mafia minière, entre autres : Quelle est cette hiérarchie qui se trouve au-dessus du Chef de l'État pour permettre à ces bandits de s'échapper en toute impunité? Pourquoi ces Chinois, directement impliqués dans une exploitation illégale qui nuit gravement à l'environnement et aux communautés locales, ont-ils été autorisés à quitter la province dans des circonstances aussi floues et dénudées d'explication? Le gouverneur, apparemment soutenu par le Chef de l'État, a-t-il vraiment agi seul? Ou a-t-il été poussé par des forces invisibles, en haut lieu, à laisser ces criminels s'échapper? Pourquoi l'argent généré par les minerais ne profite-t-il pas à la population du Sud- Kivu? Qui protège réellement cette mafia minière qui ruine les ressources naturelles du pays et la dignité des communautés locales avec? Qui sont les véritables parrains de ce réseau criminel international qui, à défaut d'être jugé, continue de prospérer dans les ombres du pouvoir ?
La LUCHA regrette de voir que sept jours après, il n'y a pas de mesures qui sont prises, pour que la population puisse comprendre ce qui se passe exactement dans le secteur minier en province.
Face à cette corruption et pour éviter que les ressources du pays ne soient volées par les nationaux et les internationaux, la LUCHA exige que la justice puisse se saisir du dossier, pour que tous ceux qui ont facilité cette évasion soient poursuivis, quel que soit leur rang social; pour mettre fin à l'impunité.
Elle exige, en outre, que la DGM puisse restituer dans le compte de la province du Sud-Kivu la somme de 10 millions USD que les criminels chinois devaient à la province.
La LUCHA réclame qu'un contrôle sérieux sans complaisance soit organisé dans tous les territoires du Sud-Kivu, pour traquer les voleurs des minerais du Sud-Kivu.