Par Gloire Balolage
Le territoire de Fizi, dans le Sud-Kivu, est en proie à une crise humanitaire d’une ampleur alarmante. Plus de 74 000 personnes ont été forcées de quitter leurs foyers, à la suite de violents affrontements entre les FARDC -Forces armées de la République démocratique du Congo- et une coalition de groupes armés composée de Twirwaheno-Ngumino-Red Tabara.
Ces combats, concentrés sur les Hauts plateaux d’Itombwe, visent à repousser une tentative d'occupation stratégique de l'aérodrome de Minembwe. Selon Samy Kalonji Badibanga, administrateur du territoire de Fizi, les FARDC ont récemment déjoué une attaque majeure des miliciens. "Nos forces tiennent bon sur toutes les lignes de front, empêchant ces groupes armés d'étendre leur emprise vers des infrastructures stratégiques, notamment l’aérodrome de Minembwe", a-t-il déclaré.
Les combats ont particulièrement touché plusieurs villages situés le long des axes Minembwe-Kitavi et Ilundu. Parmi eux, Runundu, Kisoki, Barara, Madeku Centre, Muzinda et Kiziba, où des centaines de maisons ont été abandonnées.
D’après les autorités locales, environ 6 600 déplacés proviennent des villages de l’axe Minembwe, tandis que 8 300 autres fuient l’axe Ilundu. Ces populations convergent principalement vers Muliza, Kakenge, Bazamata, Kakangara et Kabingo, où elles vivent dans des conditions déplorables.
Sur place, les besoins sont immenses. "Ces déplacés dorment à la belle étoile et manquent de tout. Ils ont besoin d’abris, de nourriture, d’eau potable et de soins médicaux", alerte l’administrateur territorial. Les autorités locales appellent à une intervention urgente des agences humanitaires et des organisations non gouvernementales opérant dans la région.
Depuis le début des affrontements le 25 décembre, au moins 33 personnes ont été tuées, dont 31 miliciens. L’Armée congolaise accuse ces groupes armés de chercher à établir une jonction avec les rebelles du M23, renforçant ainsi leur contrôle sur certaines zones stratégiques.
Face à cette situation, la société civile et les autorités locales insistent sur la nécessité d’une réponse coordonnée. "Il est impératif que les acteurs humanitaires se mobilisent rapidement pour apporter assistance à ces milliers de familles en détresse", a plaidé Samy Kalonji Badibanga.
En attendant, l’Armée continue de sécuriser la zone, mais la situation reste volatile, et les déplacements de populations pourraient encore s’aggraver. Cette crise humanitaire illustre une fois de plus les défis sécuritaires persistants dans l’est de la RDC.