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Crise humanitaire dans l’Est de la RDC : l’ONU alerte sur des violations "effroyables" des droits humains dans les provinces du Nord et du Sud-kivu

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Volker Turk, haut commissaire des nations unies aux droits de l'homme lors de sa visite au Camp des déplacés de bulengo à Goma en avril 2024 [photo d'illustration]
Volker Turk, haut commissaire des nations unies aux droits de l'homme lors de sa visite au Camp des déplacés de bulengo à Goma en avril 2024 [photo d'illustration]

Par la Rédaction 

La situation sécuritaire dans l’Est de la RDC -République démocratique du Congo- continue de se dégrader à un rythme alarmant. Lundi, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dressé devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies un tableau sombre du conflit, qui secoue les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Lors de la présentation d’une mise à jour orale de la Mission d’établissement des faits sur la RDC, Volker Türk a qualifié la situation de «grave et alarmante», pointant du doigt une violence généralisée et des violations massives du droit international humanitaire.

 «Toutes les parties au conflit ont commis des violations ou atteintes aux droits humains, ainsi que des violations du droit international humanitaire», a-t-il déclaré.

Les conclusions préliminaires de la Mission soulignent une absence flagrante de protection des civils dans les zones de conflit. Lors de la chute de la ville de Goma, conquise fin janvier par le groupe rebelle M23 soutenu par le Rwanda, les Forces Armées congolaises se sont repliées, abandonnant la population à son sort.

Ce retrait a laissé le champ libre à des exactions. Des soldats congolais ainsi que des membres des milices Wazalendo, alliées des FARDC, sont accusés de viol, pillage et meurtres. Le Haut-Commissariat a également reçu des témoignages faisant état d’arrestations arbitraires, d’enlèvements à des fins d’extorsion et de punitions sommaires infligées par ces milices dans les territoires qu’elles contrôlent.

Les rebelles du M23, de leur côté, sont accusés d’avoir arrêté arbitrairement civils et policiers, y compris des enfants, et d’avoir forcé des soldats capturés à rejoindre leurs rangs. Des exécutions sommaires et des cas de torture ont été rapportés, notamment dans des camps militaires comme celui de Rumangabo. «Des actes susceptibles de constituer des crimes de guerre», a prévenu Volker Türk.

Les témoignages recueillis font également état d’un usage systématique de la violence sexuelle par toutes les parties, souvent utilisée comme arme de représailles. Certaines communautés ont été prises pour cibles, de même que des proches d’opposants présumés ou des membres d’autres groupes ethniques.

Un chiffre glaçant révèle l’ampleur du drame : près de 40 % des survivants de violences sexuelles sont des enfants, selon l’UNICEF. À un moment critique du conflit, un enfant était violé toutes les 30 minutes. Par ailleurs, des allégations persistantes font état du recrutement d’enfants-soldats par le M23 et certaines milices Wazalendo.

Face à cette escalade, le Haut-Commissaire a lancé un appel à toutes les parties pour qu’elles s’engagent en faveur d’un cessez-le-feu immédiat, qu’elles reprennent les négociations et qu’elles respectent le droit international.

Volker Türk a également exhorté le Rwanda à retirer ses troupes du territoire congolais, et à cesser tout soutien au M23, soulignant la nécessité pour les pays influents dans la région d’encourager le respect du droit humanitaire.

Malgré la gravité des faits documentés, la Mission d’établissement des faits fonctionne actuellement grâce à des fonds de réserve, faute de financement ordinaire du Conseil. Une situation qui pourrait compromettre la poursuite de son travail essentiel. «J’appelle la communauté internationale à maintenir son soutien politique et financier à nos efforts en RDC», a insisté Volker Türk.

Alors que les violences s’intensifient et que les mécanismes de justice peinent à suivre, la population de l’Est de la RDC continue de payer le prix fort de cette guerre sans fin. Le rapport du Haut-Commissariat appelle à une mobilisation internationale urgente, pour mettre fin à l’impunité et restaurer les droits fondamentaux des millions de Congolais.

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Mardi 17 juin 2025 - 13:23