Par Serge Mavungu
La planification familiale en RDC -République démocratique du Congo- reste confrontée à de nombreux défis, malgré les engagements pris par le gouvernement au niveau national et international. C’est le constat principal qui s’est dégagé lors du déjeuner de presse, organisé mardi 15 juillet 2025, à Kinshasa, autour du thème :"La planification familiale en RDC : entre engagements et réalités de l’offre".
Cette rencontre, qui a réuni près de 40 journalistes de divers médias, a été l’occasion d’un dialogue franc entre les professionnels de la presse, le PNSR -Programme National de la Santé de la Reproduction-, représenté par sa directrice, Dr Anne-Marie Ntumba, et le CTMP -Comité Technique Multisectoriel Permanent-, représenté par le Dr Tonny Mayawula.
Selon les données présentées par le PNSR, la prévalence contraceptive en RDC reste largement en deçà des objectifs. Elle est estimée à 15% en 2025, alors que les attentes tablaient sur au moins 20 % à ce stade.
Cet écart s’explique par plusieurs facteurs : le déficit d'information, le manque de personnel qualifié, et, surtout, le faible investissement de l’État, notamment en ce qui concerne le financement des programmes de planification familiale.
Plusieurs provinces font état de besoins non satisfaits en contraceptifs, ce qui freine les efforts de réduction des grossesses non désirées et de promotion de la santé reproductive.
Dans ce contexte, les organisateurs de la rencontre ont insisté sur le rôle crucial des médias dans la diffusion d’informations fiables sur la planification familiale et dans la lutte contre les rumeurs ou la mauvaise utilisation des méthodes contraceptives.
"Nous voulons mettre à contribution l’engagement des médias, non seulement pour appuyer le plaidoyer en faveur de la création et du décaissement effectif des lignes budgétaires, mais aussi, pour éduquer la population sur les méthodes contraceptives", ont déclaré les organisateurs.
La rencontre a également permis de renforcer la synergie entre les différents acteurs du secteur. Le Dr Tonny Mayawula a rappelé l’importance de sensibiliser davantage sur les différentes méthodes contraceptives disponibles, tout en promettant de revenir plus en détail sur ce sujet lors d’une prochaine rencontre dans un cadre approprié.
L’événement a bénéficié de l’appui financier de l’organisation internationale MSI RDC, active dans la promotion de la santé sexuelle et reproductive à travers le pays.
Les recommandations issues de cette réunion seront transmises "à qui de droit", avec l’espoir qu’elles contribueront à mobiliser les ressources nécessaires, pour rendre les services de planification familiale accessibles à toutes les couches de la population.