Par Prosper Buhuru
La matinée a été agitée, ce vendredi 12 décembre 2025, autour de la prison centrale de Kalemie, dans la province du Tanganyika. Pendant plusieurs heures, des crépitements des balles ont résonné dans le quartier, tandis que des panaches de fumée s’élevaient depuis l’enceinte de l’établissement pénitentiaire. Le calme n’est revenu qu’en début d’après-midi.
Selon les informations recueillies par actualité.cd auprès d’une source de la société civile, les troubles ont éclaté lorsque des détenus ont tenté de s’évader, invoquant la dégradation de la situation sécuritaire à Uvira, de l’autre côté du lac Tanganyika.
"Les prisonniers ont mis le feu dans le bureau de la directrice. Les dossiers ont été réduits en cendres. Ils exigeraient de sortir à cause de la menace rebelle déjà à Uvira", explique cette source.
Alerté, le ministre provincial de l’Intérieur et de la Sécurité, Dox Donat, s’est immédiatement rendu sur les lieux, accompagné d’officiers des Forces armées. La délégation est entrée à l’intérieur de la prison pour une première évaluation des dégâts et de la situation.
D’après les premiers constats fournis par des sources internes à l’établissement, trois détenus ont été grièvement blessés lors des incidents et deux autres sont parvenus à s’évader. Les autorités assurent qu’un bilan détaillé sera communiqué dans les prochaines heures.
Parallèlement, au port de Kalemie, des militaires en provenance d’Uvira ont été interpellés puis acheminés vers la prison. D’après la même source de la société civile, ce groupe serait à l’origine de l’incitation des prisonniers qui ont déclenché les violences.
Les autorités locales poursuivent l’enquête afin d’établir les responsabilités et de sécuriser l’établissement pénitentiaire, dans un contexte régional marqué par une forte tension sécuritaire.