Par Prosper Buhuru
L’organisation Human Rights Watch (HRW) a mis en garde, ce lundi, contre les graves dangers auxquels sont exposés les civils dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu, après son occupation, le 10 décembre 2025, par les Forces rwandaises et les rebelles du M23-AFC, à l’issue de plusieurs jours de combats intenses.
Dans un communiqué rendu public depuis Nairobi, l’ONG internationale affirme que les affrontements ayant précédé et suivi l’entrée de ces forces dans la ville ont provoqué de lourdes pertes civiles et une détérioration rapide de la situation humanitaire. Selon des données relayées par les Nations Unies et des médias, au moins 74 civils ont été tués et 83 autres blessés, tandis qu’environ 200.000 personnes ont fui les combats, dont plus de 30.000 réfugiés ayant traversé la frontière vers le Burundi.
Human Rights Watch souligne que l’utilisation de drones armés, d’artillerie lourde et d’autres armes explosives dans des zones densément peuplées a exposé la population à des violences graves. L’organisation déplore également l’absence de couloirs sécurisés pour les civils cherchant à fuir les combats et les entraves à l’acheminement de l’aide humanitaire.
"Les accords de Washington n’ont pas permis d’améliorer la sécurité des civils ni l’accès à l’assistance humanitaire autour d’Uvira", a déclaré Clémentine de Montjoye, chercheuse senior sur la région des Grands Lacs à Human Rights Watch, appelant les parties impliquées à respecter le droit international humanitaire et à rendre des comptes.
La situation humanitaire est jugée critique. Les structures sanitaires d’Uvira et de ses environs sont débordées, alors que plusieurs organisations humanitaires ont suspendu ou réduit leurs activités faute d’accès et de financements. Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies a notamment interrompu son assistance dans l’ensemble du Sud-Kivu.
HRW fait également état d’exécutions sommaires et d’autres abus commis après la prise de la ville, tout en rappelant que des violations graves des droits humains ont été enregistrées tout au long de l’année 2025, impliquant différentes parties au conflit. L’organisation s’inquiète en outre des risques de représailles visant des journalistes et des défenseurs des droits humains dans les zones récemment occupées.
Face à cette situation, Human Rights Watch appelle les Gouvernements de la région, ainsi que les partenaires internationaux, à renforcer l’aide humanitaire, à garantir la protection des civils et à soutenir les mécanismes internationaux d’enquête afin que les auteurs de violations graves des droits humains soient tenus pour responsables.