Par la Rédaction
Le Collectif des Victimes de l’Agression Rwandaise (CVAR-ONGDH) a exprimé, dans un communiqué rendu public, une indignation profonde face à ce qu’il qualifie de manœuvres « cyniques » du mouvement M23-RDF. L’organisation accuse en effet ce groupe armé de vouloir apparaître comme une victime, alors qu’il est, selon elle, responsable d’actes « inhumains » commis dans plusieurs localités de la province du Nord-Kivu, dont Masisi-Centre.
La réaction du CVAR intervient après une cérémonie de recueillement organisée ce jeudi 8 janvier 2026 au stade de l’Unité de Goma. L’événement, initié par l’AFC/M23, visait à honorer la mémoire des personnes ayant perdu la vie lors des bombardements survenus le 2 janvier à Masisi-Centre. Au total, 22 cercueils ont été exposés sur la pelouse du stade, en présence des familles endeuillées, de plusieurs autorités locales et de nombreux habitants de la ville.
Dans son communiqué, le Collectif dit s’interroger avec force sur la cohérence d’une telle initiative. Il questionne notamment l'absence de cérémonies similaires pour les victimes de Kishishi, Binza, Bukombo, Tongo, Sake, Mweso, Bweremana, Makobola, Uvira, et d’autres localités qui, selon lui, ont également été frappées par des violences imputées au M23-RDF.
Le CVAR dénonce ce qu’il appelle une contradiction majeure : « Comment des bourreaux peuvent-ils se transformer en organisateurs de deuils de leurs victimes, alors qu'ils sont les auteurs directs des tueries, jetant les corps des innocents dans les morgues après les avoir abattus ? » estime l’organisation, qui parle d’une « moquerie insupportable » et d’une « violation flagrante des droits humains ».
L’organisation de défense des droits humains condamne avec fermeté ce qu’elle considère comme « un simulacre de compassion » et une tentative de manipulation visant à légitimer les crimes commis. Elle affirme vouloir que « le monde entier soit pris à témoin » face à ces pratiques jugées « barbares ».
Le Collectif appelle enfin les organisations nationales et internationales, ainsi que toutes les institutions engagées dans la défense des droits humains et la justice, à agir rapidement pour que les responsables répondent de leurs actes. Pour le CVAR, la mémoire des victimes exige « vérité, justice et réparation », et « aucun bourreau ne peut se substituer aux familles et aux communautés qu'il a détruites ».