Lutte anticorruption : la RDC stagne dans les bas-fonds de l’indice mondial (Transparency international)

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Par Patrick Kitoko

La République Démocratique du Congo figure une nouvelle fois, en 2025, parmi les pays les plus mal classés au monde en matière de corruption perçue, selon l’IPC -Indice de perception de la corruption- publié mardi par Transparency International. Avec un score de 20 sur 100, la RDC se situe dans le bas du classement mondial, confirmant une situation préoccupante et quasi inchangée ces dernières années.

Ce résultat s’inscrit dans un contexte régional défavorable, l’Afrique subsaharienne restant la région la moins performante de l’indice, avec une moyenne de 32 points. Sur les 49 pays évalués dans la région, seuls quatre dépassent le seuil de 50 points, souligne l’organisation non gouvernementale.

Transparency International note qu’entre 2012 et 2025, la lutte contre la corruption a globalement marqué le pas en Afrique subsaharienne. Dix pays ont vu leur situation se détériorer de manière significative, tandis que seuls sept ont enregistré une amélioration notable. La RDC, pour sa part, s’inscrit dans une dynamique de stagnation, sans progrès significatif de son score sur la période récente.

L’ONG alerte sur les conséquences directes de la corruption, en particulier dans la gestion des fonds publics. Celle-ci « entrave l’accès des individus à des services essentiels » et affecte de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables. Selon Transparency International, cette situation reflète un déficit d’intégrité politique et un affaiblissement des mécanismes de gouvernance démocratique.

L’analyse régionale met en évidence des trajectoires contrastées. L’Angola, par exemple, affiche un score de 32 points et a progressé de 17 points depuis 2015, bien qu’il demeure dans la moitié inférieure du classement. À l’inverse, le Mozambique a perdu 10 points au cours de la dernière décennie.

Les Seychelles, pays le mieux classé de la région avec 68 points, voient néanmoins leurs dispositifs anticorruption remis en question en raison de retards judiciaires dans une affaire de blanchiment présumé. Les scores les plus faibles de l’indice sont attribués au Soudan (14), à l’Érythrée (13), à la Somalie (9) et au Soudan du Sud (9), illustrant l’ampleur des défis persistants dans certaines zones du continent.

« La corruption dans le secteur public frappe toujours plus durement les personnes les plus vulnérables », a déclaré Paul Banoba, conseiller régional pour l’Afrique chez Transparency International. Il a appelé les gouvernements africains à transformer leurs engagements en « mesures décisives », notamment à travers le renforcement des institutions de contrôle, une plus grande transparence dans la gestion publique et la protection de l'espace civique.

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Mardi 10 février 2026 - 16:20