Est de la RDC : revers militaires pour l’AFC/M23, la trêve vole en éclats et la population paie le prix

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Les militaires des FARDC [photo d'illustration]
Les militaires des FARDC [photo d'illustration]

Par la Rédaction 

Depuis une dizaine de jours, plusieurs théâtres d’opérations se sont rallumés simultanément au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, opposant les Forces armées congolaises de la République démocratique du Congo et les rebelles de l’AFC/M23, appuyés par le Rwanda. Dans ce contexte tendu, chaque camp dénonce des violations du cessez-le-feu et attribue à l’autre la responsabilité de la reprise des affrontements.

Cette détérioration intervient alors que des avancées diplomatiques avaient été enregistrées il y a quelques mois. Les acquis issus de ces démarches semblent aujourd’hui mis à mal par la multiplication des incidents militaires signalés sur différents axes. La dynamique d’apaisement amorcée précédemment paraît fragilisée par la résurgence des combats.

Pour éclairer la séquence actuelle, il convient de revenir au début du mois de février 2026. À ce moment-là, l’AFC/M23 affirmait avoir mené des frappes à l’aide de drones kamikazes contre la ville de Kisangani. 

Le mouvement expliquait viser le centre de commandement des drones militaires installé à l’aéroport de la ville. Toutefois, selon les éléments disponibles, cette infrastructure n’avait pas été détruite.

Dans sa communication récente, l’AFC/M23 soutient que les FARDC auraient intensifié leurs offensives ces dix derniers jours dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

 La cité de Rubaya, située dans le territoire de Masisi, réputée pour son important gisement de coltan, figure parmi les zones mentionnées. Des attaques par drones y sont signalées depuis le lundi 23 février.

Un second point de tension concerne les hauts et moyens plateaux du Sud-Kivu. Là également, des frappes de drones auraient été enregistrées au cours des derniers jours, alimentant la montée des tensions dans cette région régulièrement secouée par des violences armées.

Un troisième axe est évoqué dans la cité de Kavumu, toujours au Sud-Kivu, à proximité de l’aéroport. Cette fois, les incidents ne sont pas liés à des drones, mais à des incursions attribuées à des groupes mai-mai, notamment les Wazalendo, présentés comme alliés des FARDC.

De leur côté, les FARDC ne revendiquent pas ces actions. L’Armée congolaise pointe plutôt l’AFC/M23, qu’elle accuse de conduire des opérations dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, ainsi que dans les Hauts-Plateaux de Fizi-Uvira, au Sud-Kivu.

La situation reste donc marquée par des accusations croisées et une extension des foyers d’affrontements. Entre frappes de drones, incursions de groupes armés et mouvements de troupes signalés sur plusieurs axes, la reprise des hostilités met en évidence la fragilité du cessez-le-feu et l’incertitude qui entoure l’évolution du contexte sécuritaire dans cette partie du pays.

Les affrontements en cours ont également enregistré une perte notable au sein de la rébellion. Willy Ngoma, porte-parole militaire de l’AFC/M23, a trouvé la mort tôt ce mardi 24 février dans la matinée, aux environs de Rubaya, localité située dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. L’annonce de son décès intervient dans un contexte de combats intenses signalés ces derniers jours dans cette zone stratégique.

Selon des sources, le convoi dans lequel il circulait aurait été pris pour cible par une frappe de drone. Plusieurs autres membres du mouvement armé auraient également été touchés lors de cette attaque, dont les circonstances exactes restent à éclaircir.

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Mardi 24 février 2026 - 17:34