Par Prosper Buhuru
L’aéroport de Mavivi, devenu le principal hub aérien du Grand Nord-Kivu depuis la réorganisation du trafic consécutive à la situation sécuritaire à Goma, en janvier 2025, entre dans une phase décisive de sa modernisation. Les travaux d’extension et de renforcement des infrastructures sont désormais engagés, avec un appui logistique significatif de la MONUSCO.
Au cœur de ce chantier figure l’allongement de la piste, qui devrait atteindre 3 300 mètres, contre moins de deux kilomètres actuellement. Cette évolution vise à permettre l’atterrissage d’avions de grande capacité, jusque-là limités par les contraintes techniques du site. En parallèle, une nouvelle aérogare est en projet, tandis que des améliorations sont également prévues en matière de sécurité et de capacité opérationnelle.
Depuis la semaine dernière, la Mission des Nations Unies a déployé des moyens conséquents pour soutenir l’avancement des travaux. Huit camions, deux pelleteuses et deux chargeurs ont été mobilisés à la demande des autorités provinciales, dans l’objectif d’accélérer les opérations avant l’arrivée de la saison des pluies, souvent défavorable aux chantiers d’infrastructures.
Pour le chef de bureau de la MONUSCO à Beni, Abdourahamane Ganda, cet appui s’inscrit dans une logique plus large liant stabilité et développement. Il estime que l’amélioration des infrastructures constitue un levier essentiel pour accompagner le retour progressif à une dynamique économique dans la région.
Du côté de la Régie des voies aériennes, ce soutien est considéré comme déterminant. L’état actuel de la piste, régulièrement affecté par les conditions climatiques et l’intensité du trafic, limitait jusqu’ici les capacités d’exploitation. Sa modernisation devrait non seulement sécuriser les opérations, mais aussi repositionner Mavivi comme un point stratégique pour les échanges dans les territoires de Beni, Butembo et Lubero.
À terme, ce projet pourrait contribuer à désenclaver davantage le Grand Nord-Kivu et à stimuler les activités économiques, dans une zone où les infrastructures restent un enjeu central pour le développement.