Par Serge Mavungu
Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a alerté sur la gravité de l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement dans la province de l’Ituri, où plus de 80 décès et 246 cas contacts ont déjà été recensés par les autorités sanitaires.
Le ministre Roger Kamba a, devant la presse nationale et internationale réunies en conférence de presse, précisé qu’il s’agit d’une souche différente de celle enregistrée l’année dernière. Il a expliqué qu’à ce jour, cette variante du virus ne dispose ni de vaccin ni de traitement spécifique, tout en rassurant la population sur les capacités de riposte des services sanitaires.
À en croire le ministre de la santé, l’absence de vaccin ne signifie pas que les autorités sont impuissantes face à l’épidémie. Il a souligné que les mesures de santé publique déployées sur le terrain permettent de contenir efficacement la propagation du virus grâce à l’identification rapide des cas, au suivi des contacts, à l’isolement des malades ainsi qu’à la sensibilisation des communautés.
Au cours de sa communication, Roger Kamba a annoncé l’arrivée imminente de nouveaux équipements destinés à renforcer les opérations de riposte. Deux avions transportant du matériel médical et logistique sont attendus afin d’appuyer les équipes déployées sur le terrain.
Le ministre a insisté sur l’importance de la sensibilisation communautaire, rappelant que la maladie se transmet essentiellement par contact direct avec les personnes infectées ou avec les corps des victimes décédées.
Il a notamment appelé les populations à éviter les rites mortuaires impliquant le contact physique avec les dépouilles, expliquant que plusieurs contaminations ont été enregistrées après des cérémonies funéraires organisées dans les zones touchées.
Roger Kamba a, par la même occasion, rendu hommage aux professionnels de santé engagés dans la lutte contre l’épidémie. Parmi les cas déjà confirmés en laboratoire, plusieurs concernent des agents de santé contaminés durant la prise en charge des malades.
Face à cette situation, le ministre a exhorté les habitants à collaborer avec les équipes médicales en signalant rapidement les cas suspects et en évitant de cacher les personnes malades au sein des communautés.
Selon lui, une prise en charge rapide augmente considérablement les chances de survie, alors que cette souche du virus présente un taux de létalité particulièrement élevé, pouvant atteindre 50 %.
Le ministre a également rappelé l’importance du respect des mesures d’hygiène de base, notamment le lavage régulier des mains, l’évitement des contacts avec les corps contaminés ainsi que la consommation de viandes suffisamment cuites.
Les autorités sanitaires mettent aussi en garde contre la manipulation et la consommation d’animaux retrouvés morts dans les zones forestières, Ebola étant une maladie zoonotique transmissible de l’animal à l’homme.
D’après les précisions fournies par le ministre, l’épidémie touche actuellement les zones de santé de Rwampara, Mongbwalu et Bunia, avec une possible extension vers d’autres localités de la province de l’Ituri.
Le ministère de la Santé travaille en coordination avec l’Institut national de santé publique afin d’assurer une riposte harmonisée, renforcer la surveillance épidémiologique et accélérer le diagnostic grâce au déploiement de laboratoires de proximité dans les zones affectées.