Par Prosper Buhuru
Face à la persistance de l’insécurité dans la province de l’Ituri, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a intensifié ses opérations sur le terrain. Depuis le 22 mars, six bases militaires mobiles ont été déployées dans les territoires de Djugu et d’Irumu dans le cadre de l’opération « Nyundo II », lancée le 1er février 2026, afin de protéger les populations civiles et prévenir les attaques des groupes armés.
Ces territoires restent en proie à des violences récurrentes. À Irumu, les groupes Codeco, Zaïre, CRP ainsi que les rebelles des ADF multiplient les attaques contre les civils, tandis qu’à Djugu, les milices de la CRP et de la CODECO continuent d’exercer une forte pression sur les communautés locales. Les nouvelles bases mobiles ont été installées dans des zones stratégiques pour optimiser la sécurité : Tshumbu, Lopa et Lodha dans le territoire de Djugu, ainsi que Bavunkutu, Boga et Talaeba dans celui d’Irumu.
Les Casques bleus effectuent des patrouilles quotidiennes, de jour comme de nuit, et échangent régulièrement avec les autorités locales et les habitants pour recueillir des informations sécuritaires essentielles. Cette approche vise à renforcer la confiance entre la MONUSCO et les communautés tout en améliorant l’efficacité des interventions.
La présence de la Mission onusienne s’est révélée décisive lors de l’attaque du 21 mars 2026 à Lidha, dans le territoire de Djugu, qui a conduit à l’enlèvement de 14 personnes, dont des femmes et des enfants. Grâce à une intervention rapide de la MONUSCO, appuyée par les autorités coutumières, tous les otages ont été libérés.
Eric Zawadi, membre de la société civile locale, salue cette action : « Nous félicitons beaucoup l’action de la MONUSCO. Les personnes enlevées ont été dépouillées de tous leurs biens. Alertés, les Casques bleus ont immédiatement pris action et retrouvé les otages. Leur présence nous rassure et nous aide à circuler librement. »
Au-delà de la sécurité, la MONUSCO facilite également l’accès aux soins pour les blessés, accompagne les déplacements dans les zones à risque et permet aux habitants de reprendre certaines activités économiques, comme l’agriculture. Selon Eric Zawadi, les Casques bleus « ramènent des personnes blessées à l’hôpital général de Fataki, facilitent les mouvements de la population vers les champs à Bule, Tshupa, Sapali, et effectuent des patrouilles nocturnes et diurnes pour écarter les ennemis ».
Enfin, la présence de la MONUSCO contribue à renforcer la cohésion sociale entre les communautés fragilisées par les violences. Avec l’opération « Nyundo II », la Mission onusienne entend consolider progressivement la sécurité et restaurer la stabilité dans ces territoires fortement touchés par les conflits armés.