Par Prosper Buhuru
La République démocratique du Congo amorce une nouvelle étape dans sa stratégie de financement, en se tournant vers les marchés internationaux de capitaux. Dans cette perspective, le Gouvernement a confié un mandat au cabinet Rothschild & Cie pour l’accompagner dans la structuration de sa toute première émission d’eurobond ; une opération inédite pour le pays.
La décision, actée le 24 mars par le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, s’inscrit dans une logique d’accélération des réformes économiques et de diversification des sources de financement. Elle prévoit un accompagnement technique sur une période de douze mois, avec pour objectif de garantir une préparation rigoureuse et conforme aux standards internationaux.
Cette initiative marque une avancée stratégique majeure pour Kinshasa, qui ambitionne de mobiliser environ 750 millions de dollars dès une première émission attendue en avril 2026. À terme, le programme pourrait atteindre 1,5 milliard de dollars, traduisant la volonté des autorités de s’inscrire durablement sur les marchés obligataires internationaux.
Les ressources attendues devraient soutenir des projets structurants dans des secteurs clés tels que les infrastructures de transport, l’énergie et la connectivité, autant de leviers essentiels pour stimuler la croissance et renforcer l’intégration économique du pays.
Dans ce processus, la RDC s’appuie sur un consortium d’acteurs financiers de premier plan. L’opération est notamment structurée par Citigroup, avec l’appui local de Rawbank, tandis que Rothschild & Cie intervient en tant que conseiller stratégique pour optimiser les conditions d’émission.
Au-delà de la mobilisation de fonds, cette démarche vise à positionner la RDC comme un acteur crédible sur la scène financière internationale. Elle permettra de mesurer la confiance des investisseurs et de jeter les bases d’un accès régulier aux marchés, dans une logique de financement durable du développement.
Le contexte macroéconomique actuel offre des perspectives encourageantes. Avec une inflation contenue autour de 2 % et un niveau d’endettement relativement modéré, estimé entre 18 % et 20 % du PIB, le pays dispose d’indicateurs favorables susceptibles de rassurer les investisseurs.
À travers cette opération, la RDC confirme son ambition de moderniser sa gestion financière et de mobiliser des ressources à grande échelle pour accompagner sa transformation économique.