Par Gloire Balolage
La République démocratique du Congo continue de faire face à une progression inquiétante de la maladie à virus Ebola. Dans sa mise à jour publiée le 24 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fait état de plus de 900 cas suspects recensés dans le pays depuis le début de cette nouvelle flambée épidémique. Les données communiquées par les autorités sanitaires congolaises confirment également une augmentation du nombre de cas confirmés au cours des derniers jours.
Selon le rapport de situation rendu public par le gouvernement congolais, le pays comptait au 23 mai 2026 un total cumulé de 101 cas confirmés d’Ebola. Au cours de cette seule journée, dix nouveaux cas ont été enregistrés, dont neuf dans la zone de santé de Mongbwalu, en province de l’Ituri, et un à Katwa, au Nord-Kivu. Cette évolution traduit la poursuite de la propagation de la maladie dans plusieurs foyers déjà identifiés.
Le bilan humain reste préoccupant. Les autorités sanitaires font état de dix décès confirmés liés à Ebola. Parallèlement, 904 cas suspects ainsi que 119 décès suspects ont été recensés dans trois provinces et onze zones de santé affectées par l’épidémie. Ces chiffres témoignent de l’ampleur de la crise sanitaire à laquelle le pays est confronté.
L’Ituri demeure l’épicentre principal de cette 17ᵉ épidémie d’Ebola enregistrée en RDC depuis 1976. Les zones de santé de Rwampara, Bunia et Mongbwalu figurent parmi les plus touchées, avec respectivement 32, 24 et 19 cas confirmés. La concentration des infections dans cette province continue d’inquiéter les équipes de riposte engagées sur le terrain.
Les autorités sanitaires et leurs partenaires renforcent les opérations de surveillance afin de contenir la propagation du virus. Toutefois, le suivi des personnes contacts reste particulièrement faible à l’échelle nationale. Le rapport indique qu’à peine 20 % des contacts identifiés sont effectivement suivis, tandis que 1 394 contacts demeurent introuvables ou non vus par les équipes sanitaires.
Autre sujet de préoccupation : aucune guérison n’a encore été signalée à ce stade de l’épidémie, selon les données officielles. Cette situation accentue les inquiétudes autour de l’évolution de la maladie, alors que les structures sanitaires poursuivent les efforts de prise en charge et de sensibilisation des communautés exposées.
L’OMS souligne également que cette flambée d’Ebola évolue dans un contexte sécuritaire difficile, particulièrement en Ituri, où près de cinq millions de personnes vivent dans une situation de conflit persistant. Cette insécurité complique davantage les activités de surveillance, de suivi des contacts et de riposte sanitaire, dans une région déjà fragilisée par plusieurs années de violences.