Breaking News

Est de la RDC : la LUCHA dénonce « un acte cruel » de l’AFC-M23 qui oblige une population traumatisée à manifester en faveur de ses propres bourreaux

Catégorie
Image
Photo d'illustration
Photo d'illustration

Par la Rédaction

Dans l’Est de la République démocratique du Congo, où des milliers de civils continuent de subir les conséquences des violences armées, les accusations d’instrumentalisation des populations par l’AFC-M23 suscitent de vives réactions. Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA RDC Afrique) dénonce une pratique qu’il qualifie de cruelle, estimant que les habitants ne peuvent être contraints de soutenir un mouvement armé ni de participer à des manifestations sous la pression.

La LUCHA RDC Afrique affirme qu’« obliger une population déjà traumatisée à manifester en faveur de ses propres bourreaux et exiger la levée de leurs sanctions est un acte cruel ». Pour ce mouvement citoyen, la liberté de manifester ne peut être invoquée lorsqu’elle résulte de menaces ou de contraintes imposées aux civils dans des zones affectées par le conflit.

Cette réaction intervient après les manifestations observées ce mardi 28 juillet 2026 dans les villes de Goma, au Nord-Kivu, et de Bukavu, au Sud-Kivu, où des populations civiles auraient été contraintes de marcher en soutien à l’AFC-M23 et pour réclamer notamment la levée des sanctions visant le mouvement rebelle. La LUCHA estime que ces mobilisations ne peuvent être considérées comme une expression libre des populations dans un contexte marqué par la présence d’un groupe armé.

La LUCHA considère que les populations de l’Est du pays, déjà fragilisées par les déplacements forcés, l’insécurité et les violences, ne doivent pas être utilisées comme des instruments de communication ou de pression politique. Elle estime qu’aucune circonstance ne peut justifier la manipulation d’un peuple vivant dans une situation de vulnérabilité.

La position de ce mouvement citoyen rejoint celle exprimée par le gouvernement congolais. Le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a dénoncé des pratiques d’intimidation et de coercition attribuées à l’AFC-M23, affirmant que des habitants seraient contraints de participer à des manifestations favorables au mouvement rebelle.

Patrick Muyaya a également accusé l’AFC-M23 d’utiliser des méthodes reposant sur les menaces, les intimidations et la distribution d’argent afin d’obtenir une mobilisation populaire. Il avait qualifié cette stratégie de « méthode plusieurs fois recyclée » et estimé qu’elle constituait une forme de pression psychologique exercée sur les populations civiles.

Alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour tenter de trouver une issue à la crise, les organisations citoyennes appellent au respect des droits des populations civiles, considérant que les habitants des zones affectées par la guerre ne doivent pas devenir des outils de propagande des acteurs armés.

Étiquettes
Mardi 28 juillet 2026 - 12:46