Par Serge Mavungu
Le deuxième point de la communication du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, au 90ᵉ Conseil des ministres a porté sur la prise en charge des agents et fonctionnaires de l'État certifiés réguliers mais non encore mécanisés.
Le Président Tshisekedi a rappelé la nécessité d’apporter sans plus attendre des réponses concrètes à la situation de ces agents régulièrement certifiés qui demeurent sans salaire de base. Selon plusieurs rapports en sa possession, de nombreux agents valablement en service, physiquement identifiés et inscrits au Fichier de Référence de l’Administration Publique, ne perçoivent toujours aucune rémunération malgré les efforts déjà consentis par le Gouvernement.
Pour le chef de l'État, cette situation n’est plus acceptable car elle compromet la matérialisation du sixième engagement pris devant le peuple congolais et fragilise ceux qui assurent quotidiennement le fonctionnement de l'État. La rémunération ne constitue pas une faveur mais un droit fondamental à caractère essentiellement alimentaire.
Les mêmes rapports relèvent aussi de profondes disparités salariales entre administrations, ainsi qu’entre les services centraux et les services déconcentrés en provinces et dans les Entités Territoriales Décentralisées. Pour corriger ces déséquilibres, le chef de l'État avait déjà instruit le Gouvernement lors du Conseil des ministres du 28 juin 2024 d’élaborer une nouvelle politique salariale juste, équitable et soutenable, fondée sur la rationalisation et l’harmonisation du système de rémunération. Il avait également chargé l’Inspection Générale des Finances, en collaboration avec le Gouvernement, de conduire un audit général de l’état liquidatif pour identifier les dépenses irrégulières et autres charges indues qui alourdissent la masse salariale au détriment des agents régulièrement éligibles.
En attendant la finalisation de cet audit et la mise en œuvre de la nouvelle politique salariale, le président de la République a prescrit des mesures conservatoires. Il s’agit notamment de l’interdiction de toute nouvelle revalorisation des primes au profit des catégories déjà régulièrement rémunérées, sans préjudice des engagements issus des accords avec les partenaires sociaux et des ajustements barémiques en cours, ainsi que de l’interdiction de la prise en charge de nouvelles commissions ou structures permanentes.
Les économies issues de l’assainissement de la paie, de la rationalisation des effectifs et l’enveloppe additionnelle prévue dans le projet de loi de finances rectificative 2026 devront être affectées en priorité à la prise en charge progressive des agents certifiés réguliers non encore mécanisés.
À cet effet, le président de la République a instruit le vice-premier ministre, ministre du Budget, le vice-premier ministre, ministre de la Fonction Publique, Modernisation de l’Administration et Innovation du Service public, ainsi que le ministre des Finances, sous la coordination de la Première Ministre et en étroite collaboration avec son Cabinet, de prendre sans délai toutes les dispositions nécessaires à la mise en œuvre effective de ces mesures et à l’aboutissement rapide de la nouvelle politique salariale et des travaux d’audit de l’état liquidatif.
"Un rapport circonstancié et global sur l’exécution de ces instructions est attendu dans trente jours", indique le compte rendu du Gouvernement.