Par Serge Mavungu
Le Syndicat national des médecins (SYNAMED) a dénoncé, jeudi 16 avril 2026, lors d’une conférence de presse à Kinshasa, la montée de l’insécurité à l’Hôpital général de référence de Kinkole. Le syndicat pointe la responsabilité des autorités après une attaque meurtrière menée par des déplacés installés sur le site hospitalier.
Dans une déclaration lue devant la presse, le SYNAMED alerte sur une situation qui « prend une tournure de plus en plus inquiétante » dans le secteur de la santé en RDC. Le syndicat déplore le silence des autorités politico-administratives malgré ses multiples interpellations sur l’insécurité qui frappe les médecins et le personnel soignant.
Le SYNAMED rappelle qu’il y a quelques mois, le Centre hospitalier de Kisenso avait déjà été attaqué par des Kuluna, avec vol des agents. Aujourd’hui, c’est l’Hôpital général de référence de Kinkole qui est touché. Selon le syndicat, le personnel médical s’est retrouvé confronté à des déplacés du quartier Pakadjuma, installés par l’autorité provinciale de Kinshasa sur le site de l’hôpital sans aucune mesure d’encadrement. Des échauffourées ont éclaté, dont les images ont circulé sur les réseaux sociaux.
La situation s’est aggravée il y a 48 heures, précise le SYNAMED. Les déplacés se sont violemment attaqués aux installations de l’hôpital, au personnel soignant, aux malades et à leurs gardes. Le bilan est lourd : trois morts et plusieurs blessés graves, malgré une intervention jugée tardive de la Police nationale congolaise.
Rappelant les obligations de l’État selon l’Organisation mondiale de la santé et l’Association médicale mondiale, le syndicat demande au Gouvernement de prendre d’urgence des mesures pour assurer la sécurité des structures de soins sur toute l’étendue du territoire, protéger les médecins et tous les professionnels de santé en mettant en place un dispositif sécuritaire permanent à proximité des hôpitaux, et aménager un site aux normes pour relocaliser les déplacés de Pakadjuma en prenant en compte les risques sanitaires liés à la promiscuité.
En attendant, le SYNAMED exige une intervention rapide pour sécuriser l’hôpital de Kinkole, son personnel, les malades et la population environnante, afin de permettre une reprise du travail dans la sérénité. Il demande également aux autorités sanitaires la mise en place d’un dispositif de surveillance épidémiologique et de riposte pour prévenir tout risque sanitaire.
Le syndicat souligne par ailleurs que de nombreux médecins travaillent sans rémunération adéquate, certains sans rémunération du tout, et subissent la non-intégration de leurs primes complémentaires à la paie ordinaire depuis près de deux ans. Il espère que cette nouvelle alerte retiendra enfin l’attention des autorités politico-administratives.