Par Prosper Buhuru
La délégation congolaise a présenté, le 15 avril 2026, à Washington, sa vision de la restructuration de la Société nationale d’électricité, lors d’une séance de travail avec les experts de la Banque mondiale, en marge des réunions de printemps de Bretton Woods.
Conduits notamment par le Directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, les échanges ont également impliqué le ministre des Finances, Doudou Fwamba, ainsi que la ministre du Portefeuille, Julie Tshiku. Au cœur des discussions : les conclusions d’une étude stratégique réalisée par le cabinet Petratec sur les options de réorganisation de l’entreprise publique.
Face aux cinq scénarios envisagés, la partie congolaise a clairement défendu le maintien d’un modèle intégré. Ce schéma repose sur une entreprise unique assurant l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur électrique, de la production à la distribution, en passant par le transport et la facturation. Une option jugée plus cohérente avec les récentes évolutions du cadre légal des entreprises publiques transformées en sociétés commerciales.
Ce positionnement tranche avec certaines approches antérieures ayant privilégié la fragmentation de la SNEL et l’ouverture accrue au secteur privé, notamment à travers des réformes engagées entre 2008 et 2014. Ces tentatives avaient suscité une forte opposition interne, en particulier de la part des représentants du personnel, restés attachés à l’unité structurelle de l’entreprise.
Au-delà du débat institutionnel, les discussions ont également porté sur les conditions concrètes de relance de la SNEL. Les autorités congolaises ont insisté sur la nécessité de mobiliser des financements conséquents et de renforcer les partenariats techniques pour soutenir la modernisation du secteur énergétique, considéré comme un levier clé du développement économique.
En parallèle des sessions officielles, la délégation congolaise a multiplié les rencontres techniques avec les partenaires de la Banque mondiale, afin d’accélérer la transformation des engagements en projets opérationnels. Les travaux ont notamment ciblé les secteurs stratégiques tels que l’électricité, l’eau et l’assainissement, ainsi que les projets structurants liés au complexe d’Inga.
Cette approche coordonnée, associant autorités gouvernementales, management de la SNEL et représentants des travailleurs, traduit la volonté de Kinshasa d’inscrire les réformes dans une logique à la fois technique, inclusive et orientée vers des résultats concrets à court et moyen terme.