Par Don Benjamin Makolo
Un récit bouleversant met en lumière les conséquences dramatiques des troubles conjugaux sur les enfants à Kisangani, dans la province de la Tshopo, où un jeune garçon, identifié sous le prénom de Davi, a été retrouvé endormi sur la tombe de sa mère après avoir été expulsé du domicile familial.
Selon des témoignages recueillis dans le voisinage, le petit Davi, encore scolarisé, traverse depuis plusieurs semaines une profonde détresse émotionnelle à la suite du décès récent de sa mère, emportée par la maladie. Une disparition qui aurait déjà fortement fragilisé l’enfant, plongé dans un deuil difficile à surmonter.
Peu après ce drame, son père aurait choisi de reconstruire sa vie sentimentale. Mais, d’après plusieurs sources proches de la famille, l’arrivée de la nouvelle épouse aurait rapidement détérioré le quotidien du jeune garçon, transformant son environnement familial en un espace de souffrance et d’isolement.
En l’absence de son père, actuellement en déplacement professionnel dans le nord du pays, Davi vivait sous la responsabilité de sa marâtre, à qui les voisins reprochent un manque d’affection et de compassion à l’égard de l’enfant. La situation aurait atteint son paroxysme lorsqu’elle l’aurait purement et simplement chassé de la maison, sans aucune assistance ni solution de repli.
Livré à lui-même, sans toit ni soutien, le garçon aurait alors posé un geste qui a profondément ému toute la communauté : se rendre au cimetière pour y passer la nuit, allongé sur la tombe de sa mère, dans une quête poignante de réconfort auprès de celle qu’il venait de perdre.
La scène, relayée dans plusieurs cercles de la ville, suscite une vive émotion et ravive le débat sur la protection des enfants au sein des familles recomposées. Plusieurs habitants appellent à une prise de conscience collective face aux conséquences psychologiques des conflits conjugaux et du manque de suivi parental sur les mineurs.
Au-delà de l’émotion, cette affaire soulève une question fondamentale : celle de la responsabilité des parents envers leurs enfants, particulièrement dans les contextes de remariage. Perdre sa mère constitue déjà une blessure profonde ; être ensuite rejeté par son entourage familial ne fait qu’aggraver le traumatisme.
Ce drame rappelle que donner la vie implique également un devoir permanent de protection, d’encadrement et d’amour, quelles que soient les évolutions de la vie conjugale.