Par Prosper Buhuru
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a tiré la sonnette d’alarme, mardi 12 mai 2026, sur la multiplication des cas de disparition d’enfants dans la province de l’Ituri, où "245 mineurs ont été signalés disparus" depuis le début de l’année 2025.
Cette révélation a été faite au cours d’un atelier consacré à la lutte contre la traite des êtres humains et le trafic illicite des migrants, organisé à Bunia avec l’appui de l’Union européenne dans le cadre du projet régional « Borderlands ».
Selon les responsables de l’OIM, l’instabilité sécuritaire et la porosité des frontières entre la RDC et l’Ouganda favorisent l’expansion des réseaux criminels spécialisés dans le trafic d’enfants. Plusieurs victimes seraient acheminées à travers des voies clandestines avant d’être exploitées dans des carrières minières, des ménages privés ou des circuits d’exploitation sexuelle.
Le chef de bureau de l’OIM en Ituri, Fils-Lien Ely Thelot, a indiqué à Radio Okapi que les enfants déplacés par les violences armées demeurent les plus vulnérables face à ces pratiques.
« Beaucoup de ces enfants proviennent de familles ayant fui les affrontements armés et vivant dans des conditions précaires dans les sites de déplacés », a-t-il expliqué.
L’organisation humanitaire estime que la pauvreté, les déplacements forcés et l’insécurité persistante créent un environnement propice au recrutement des mineurs par les trafiquants.
Dans plusieurs camps de déplacés, des enfants séparés de leurs familles ou laissés sans encadrement deviennent des proies faciles pour les réseaux criminels opérant dans les zones frontalières, préviennent les experts.
Face à cette situation, l’OIM annonce le renforcement des mécanismes de prévention et de protection à travers des campagnes de sensibilisation, l’accompagnement des victimes ainsi que l’appui aux procédures judiciaires contre les auteurs de traite humaine.
Le projet « Borderlands », mis en œuvre conjointement entre la RDC et l’Ouganda, bénéficie d’un financement de 15 millions de dollars sur une période de trois ans. Il prévoit également des actions dans les domaines de la santé mentale, de la sécurisation des frontières et du renforcement des capacités des autorités locales dans la région du lac Albert.