Par Gloire Balolage
Dans la province du Sud-Kivu, l’insécurité persistante continue de peser lourdement sur la situation humanitaire. Selon le dernier rapport de situation publié par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, OCHA RDC, en collaboration avec les partenaires humanitaires, les affrontements armés enregistrés durant le mois d’avril 2026 ont considérablement limité l’accès des organisations humanitaires à plusieurs zones affectées par les violences.
Dans les Moyens et Hauts Plateaux des territoires de Fizi, Uvira et Mwenga, les combats armés ont fortement restreint les opérations humanitaires. Cette situation a limité la fourniture d’une assistance vitale aux personnes déplacées, aux retournés ainsi qu’aux communautés hôtes. Les acteurs humanitaires signalent que les difficultés d’accès compliquent davantage la prise en charge des populations déjà fragilisées par des années d’insécurité et de déplacements répétitifs.
Malgré ces défis sécuritaires, certaines opérations d’assistance ont pu être réalisées au cours du mois d’avril. Dans le territoire d’Uvira, près de 20 000 ménages ont bénéficié d’une assistance en espèces à usages multiples grâce au financement du Fonds humanitaire en RDC. Cette aide vise à permettre aux ménages affectés de répondre à leurs besoins essentiels dans un contexte marqué par la précarité et la détérioration des conditions de vie.
Le rapport indique également qu’environ 1 500 réfugiés congolais ont été rapatriés à Uvira depuis le Burundi dans un contexte jugé favorable au retour volontaire. Ce mouvement de retour intervient alors que plusieurs familles congolaises ayant trouvé refuge dans les pays voisins cherchent progressivement à regagner leurs localités d’origine malgré les défis sécuritaires persistants dans certaines zones de la province.
Les chiffres publiés par OCHA RDC témoignent de l’ampleur de la crise humanitaire au Sud-Kivu. Au 30 avril 2026, la province comptait plus d’un million de personnes déplacées internes selon les données du CMP Sud-Kivu publiées le 8 mai 2026. Le rapport mentionne également que 123 227 personnes ont bénéficié d’une assistance alimentaire dans les territoires de Walungu et Fizi grâce aux interventions du Cluster Sécurité alimentaire.
Dans le territoire de Fizi, les affrontements ont continué durant tout le mois d’avril, particulièrement dans les Hauts Plateaux autour de Minembwe. Plusieurs villages ont été visés par des attaques armées ayant entraîné des pertes en vies humaines ainsi que la destruction d’infrastructures essentielles. Cette insécurité persistante aggrave davantage la vulnérabilité des populations déplacées et retournées qui peinent déjà à accéder aux moyens de subsistance et aux services sociaux de base.
Les acteurs humanitaires soulignent également que les restrictions de mouvement et le mauvais état des routes compliquent sérieusement l’acheminement de l’aide humanitaire vers plusieurs localités affectées. Dans ce contexte difficile, plus de 590 000 personnes déplacées et retournées voient leurs conditions de vie se détériorer davantage. Les besoins restent particulièrement élevés dans les secteurs des vivres, des abris, de la santé, de la protection ainsi que de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement.
Le territoire de Kalehe figure lui aussi parmi les zones les plus touchées par la dégradation de la situation sécuritaire. Dans les Hauts Plateaux de Ziralo, Mubuku, Buzi ainsi que dans les régions de Mbinga Nord et Sud, les affrontements armés récurrents continuent de provoquer d’importants déplacements de populations. Entre le 8 et le 23 avril 2026, plus de 77 500 personnes ont été déplacées, accentuant la pression sur les communautés d’accueil et les services sociaux de base dans les zones de santé de Bunyakiri, Minova, Kalehe et Kalonge.