Par Gloire Balolage
Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, est arrivé ce samedi à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. Il se rend à l’épicentre de la 17e épidémie d’Ebola qui frappe le nord-est de la République démocratique du Congo.
Cette visite vise à évaluer les réalités du terrain et le fonctionnement du dispositif de riposte mis en place pour contenir la maladie.
Le patron de l’OMS effectue ce déplacement alors que l’épidémie progresse à un rythme supérieur aux capacités actuelles de réponse. Malgré le renforcement des infrastructures sanitaires et l’arrivée de nouvelles formes d’assistance, les autorités sanitaires restent confrontées à des défis majeurs pour freiner la propagation du virus dans les zones affectées.
À Bunia, Tedros Adhanom Ghebreyesus doit visiter un centre de traitement dédié à la prise en charge des malades. Son agenda prévoit aussi des rencontres avec les autorités locales, les professionnels de santé engagés dans la lutte, ainsi qu’avec les familles touchées. L’objectif de l’OMS est d’adapter son soutien aux besoins réels sur le terrain.
Avant son déplacement en Ituri, le Directeur général de l’OMS a réaffirmé la nécessité d’intensifier les opérations dans les zones directement affectées. À l’issue d’une audience avec la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, il a souligné que le renforcement des interventions à l’épicentre constitue la stratégie la plus efficace pour limiter la propagation du virus et protéger les populations exposées.
Le responsable de l’organisation onusienne a aussi écarté l’efficacité des fermetures de frontières. Selon lui, plusieurs études montrent que ces restrictions peuvent ralentir temporairement la propagation, mais ne permettent pas de l’endiguer durablement. Il plaide pour un soutien accru aux actions menées dans les foyers de contamination.
L’OMS rapporte que les autorités sanitaires ont recensé 906 cas suspects et 223 décès présumés liés à cette épidémie. L’Ouganda voisin a pour sa part confirmé 9 cas et 1 décès. Cette situation accroît les préoccupations régionales autour de la circulation du virus Bundibugyo, souche actuellement en cause, pour laquelle aucun traitement ni vaccin homologué n’est disponible.
Malgré les difficultés, Tedros Adhanom Ghebreyesus s’est dit confiant quant à la capacité de la RDC à surmonter cette nouvelle crise sanitaire. Rappelant que le pays a déjà affronté plusieurs flambées d’Ebola, il estime que l’expérience acquise constitue un atout majeur pour maîtriser cette 17e épidémie et protéger les populations touchées.