Par Denise Kyalwahi
Les activités socio-économiques ont été fortement perturbées mercredi 3 juin 2026 à Butembo, au Nord-Kivu, après un appel à une journée « ville morte » lancé par des groupes de pression et mouvements citoyens pour rendre hommage aux victimes des récents massacres dans la région de Beni.
Dès les premières heures de la matinée, la plupart des boutiques, magasins et autres commerces sont restés fermés dans plusieurs communes de la ville. Les rues habituellement animées ont présenté un visage inhabituel, marqué par une faible circulation des personnes et des véhicules.
Le secteur de l’éducation a aussi été touché. Dans plusieurs écoles, les élèves se sont présentés avant de repartir quelques instants plus tard sans suivre les cours prévus. Cette situation fait suite à un communiqué des mouvements citoyens et groupes de pression de Butembo appelant à une journée de recueillement et de protestation contre les violences persistantes dans l’Est de la RDC.
Selon les organisateurs, cette mobilisation vise à exprimer la solidarité de Butembo envers les familles des victimes des massacres survenus dans le territoire de Beni et dans d’autres zones touchées par l’insécurité.
« La population a massivement observé cette journée ville morte pour dire non aux violences qui endeuillent l’Est de la RDC. Trop, c’est trop ! Face à une menace qui cherche à nous exterminer progressivement, notre silence n’est plus une option », ont déclaré Véranda Mutsanga et Élisée Sivaminya dans leur message à la population.
Les initiateurs estiment que l’insécurité devrait constituer la priorité absolue des autorités congolaises. Ils considèrent que les débats politiques en cours ne devraient pas occulter l’urgence de protéger les civils confrontés quotidiennement aux attaques armées.
Dans leur déclaration, ils soulignent que les territoires de Beni et de Lubero, ainsi que plusieurs zones de l’Ituri, continuent d’être frappés par des massacres malgré l’état de siège en vigueur depuis plus de trois ans. Ils rappellent aussi qu’une partie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeure sous l’influence de groupes armés.
Pour ces acteurs de la société civile, la protection des vies humaines doit rester la priorité nationale. Ils appellent les autorités à renforcer les mécanismes de sécurité afin de mettre un terme aux violences qui continuent d’endeuiller les populations de l’Est du pays.
Cette journée « ville morte » intervient dans un contexte de vive émotion, alors que les attaques contre les civils se multiplient dans certaines zones de la région. À travers cette mobilisation, les habitants de Butembo ont voulu envoyer un message fort en faveur du retour de la paix, de la justice et de la sécurité pour tous les Congolais.