Sud-Kivu : MSF met en garde contre le risque de concentrer tous les efforts sur la seule réponse à Ebola, au détriment des autres besoins de santé

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L'équipe de MSF sur le terrain [photo d'illustration]
L'équipe de MSF sur le terrain [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

L'organisation humanitaire Médecins sans frontières affirme qu'elle reste pleinement mobilisée pour garantir l'accès aux soins essentiels au Sud-Kivu, malgré l'épidémie de maladie à virus Ebola déclarée le 15 mai 2026 en République démocratique du Congo. Dans un communiqué de presse publié ce lundi 20 juillet 2026, l'organisation souligne que cette nouvelle urgence sanitaire intervient dans un contexte déjà marqué par de multiples crises sanitaires et humanitaires, où les conflits armés, les épidémies et les difficultés d'accès aux soins continuent de peser lourdement sur les populations.

MSF met en garde contre le risque de concentrer tous les efforts sur la seule réponse à Ebola, au détriment des autres besoins de santé. « Cette épidémie ne se déroule pas dans un vide sanitaire », explique Issa Moussa, chef des programmes de MSF au Sud-Kivu. Selon lui, les précédentes flambées ont démontré que l'interruption des soins de santé de base peut entraîner davantage de décès liés à des maladies évitables que l'épidémie elle-même.

L'organisation rappelle que les habitants du Sud-Kivu continuent de faire face à plusieurs urgences sanitaires, notamment le paludisme, le choléra, la rougeole, la malnutrition et les violences sexuelles. À cette situation s'ajoute une insécurité persistante qui provoque régulièrement l'arrivée de blessés dans des structures de santé déjà fortement sollicitées, compliquant davantage l'accès aux soins pour les communautés.

Pour MSF, la continuité des services de santé demeure indispensable. Issa Moussa souligne que les femmes enceintes ont toujours besoin de soins maternels, les enfants de vaccination et les patients de traitements contre les maladies courantes. Il insiste également sur le fait que le maintien des soins de routine permet de détecter rapidement d'éventuels cas d'Ebola, les communautés continuant de fréquenter les structures de santé auxquelles elles accordent leur confiance. Préserver cet accès constitue ainsi un élément essentiel de la surveillance épidémiologique.

En parallèle de sa préparation et de sa réponse contre Ebola, avec la mise en place de deux centres de traitement Ebola au Sud-Kivu, MSF poursuit ses activités médicales dans plusieurs zones de la province. À Minova et Numbi, les équipes soutiennent les hôpitaux de référence en assurant la prise en charge des urgences médicales et chirurgicales, les soins intensifs, les services de maternité et de néonatologie, les soins pédiatriques, le traitement de la malnutrition aiguë, les soins destinés aux survivants de violences sexuelles ainsi que les services de santé mentale.

À Bunyakiri, l'organisation appuie l'hôpital général de référence, le centre hospitalier de Bitale ainsi que quatre centres de santé. Les équipes y assurent des soins d'urgence et chirurgicaux, des soins maternels et obstétricaux, des soins néonatals, la gratuité des soins pour les enfants de moins de 15 ans, la prise en charge de la malnutrition aiguë, l'accompagnement médical et psychosocial des survivants de violences sexuelles ainsi que des services de santé mentale. Dans le territoire de Fizi, MSF indique avoir soutenu pendant longtemps l'hôpital de Baraka afin de garantir l'accès aux soins médicaux et chirurgicaux essentiels pour les populations.

À Bukavu, les équipes participent également à la lutte contre le choléra grâce à l'ouverture d'un centre de traitement permettant une prise en charge rapide des patients en milieu urbain, tout en renforçant les activités de promotion de la santé auprès des communautés. Par ailleurs, les équipes d'urgence de MSF restent mobilisées au Sud-Kivu, au Maniema et dans le reste du pays pour assurer une surveillance permanente des alertes sanitaires et intervenir rapidement face aux épidémies et autres situations d'urgence.

Elles répondent actuellement à une flambée de rougeole dans la zone de santé de Shabunda, où le taux de létalité atteint 25 %. Entre avril et juin 2026, près de 2 320 patients atteints de rougeole ont été pris en charge dans les zones de santé de Shabunda, Bunyakiri, Kalehe et Minova. Une campagne de vaccination menée en avril à Kalehe a également permis d'immuniser 43 622 enfants contre la maladie, tandis que 6 059 autres ont bénéficié d'une vaccination de rattrapage multi-antigènes.

Enfin, MSF réaffirme que la lutte contre Ebola ne doit pas compromettre la continuité des soins médicaux essentiels. L'organisation rappelle qu'elle poursuit son action dans 16 des 26 provinces de la République démocratique du Congo, où ses équipes apportent des soins médicaux impartiaux aux populations affectées par les conflits, les déplacements, les épidémies et les autres crises humanitaires, en intervenant notamment dans les domaines de la chirurgie, de la malnutrition, du VIH, de la tuberculose, de la santé reproductive, de la pédiatrie, du paludisme, de la surveillance des épidémies et de la santé mentale.

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Lundi 20 juillet 2026 - 17:41