Par la Rédaction
Une vidéo de 50 secondes, devenue virale sur les réseaux sociaux, suscite l'indignation générale à l’Est de la RDC. Alors que la population de Goma au Nord-Kivu célébrait la victoire héroïque des Léopards (3-1) face à l’Ouzbékistan en Coupe du Monde, des éléments de la police de l'AFC-M23 ont violemment mis fin aux festivités, confisquant des drapeaux de la RDC au niveau du rond-point Cikudu. Un acte qui passe mal auprès d'une population déjà meurtrie par les conflits.
Pour les habitants du Nord-Kivu, Sud-Kivu et de l'Ituri, chaque match des Léopards de la République Démocratique du Congo est bien plus qu’une simple rencontre sportive. C'est une bouffée d'oxygène, un rare moment de communion et de résilience face à des années de guerre et de traumatismes. La victoire arrachée 3 buts à 1 contre l'Ouzbékistan lors de cette phase de Coupe du Monde aurait dû être une fête totale.
Malheureusement, au rond-point Tshukudu à Goma, la joie a rapidement laissé place à la stupeur et à la colère.
Dans une séquence vidéo de moins d'une minute qui tourne en boucle sur la toile, on y voit au moins quatre agents de la police de l’Alliance Fleuve Congo (AFC-M23). Armés pour certains, munis de bâtons pour d’autres, ces éléments s'en prennent brutalement à des jeunes civils sans défense. Leur tort ? Avoir brandi fièrement les couleurs nationales et manifesté leur joie. Des drapeaux tricolores ont été arrachés des mains des supporters, et la foule a été dispersée à coups de matraques.
Cette scène, qualifiée de « macabre » et d'incompréhensible par de nombreux observateurs, pose de sérieuses questions sur la gouvernance et le discours tenus par l'AFC-M23. Comment des forces qui se réclament « libératrices » et se disent « congolaises » peuvent-elles s'attaquer aux symboles de la nation et à la joie légitime de son propre peuple ?
« Le football n'a rien à voir avec la politique, témoigne un habitant de Bukavu sous anonymat. C'est le seul moment où l'on oublie la guerre. En nous chassant et en nous volant nos drapeaux, c'est comme s'ils nous disaient : Même si la RDC gagne, vous n'avez pas le droit d'être heureux. C'est cruel. »
De Goma à Bukavu, l'incompréhension est totale. Les citoyens se demandent ouvertement quel est le sens d'une telle « libération » si elle s'en prend aux émotions positives d'une population civile qui ne menaçait aucunement l'ordre public.
Face au tollé général provoqué par ces images, la balle est désormais dans le camp de la hiérarchie de l’AFC-M23. Pour de nombreux analystes et leaders d'opinion locaux, il est urgent que les autorités de ce mouvement prennent leurs responsabilités.
- Sanctionner les dérapages : Une interpellation immédiate des policiers impliqués dans cet incident est réclamée pour rassurer une population locale au bord de la rupture psychologique.
- Respecter les symboles nationaux : Le drapeau de la RDC reste le symbole d'un peuple uni, peu importent les fractures politiques ou militaires.
Cet incident vient rappeler la fragilité du quotidien à l'Est du pays, où même les rares instants de bonheur collectif sont soumis aux réalités des armes. Mais au-delà de la répression subie au rond-point Cikudu, le message de la rue est clair : le cœur des Congolais vibre au rythme de leur nation, et le Congo demeure, envers et contre tout, un et indivisible.