Par Denise Kyalwahi
La représentante pays ad intérim de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Anne Ancia, a effectué, ce mercredi 1er juillet, une visite officielle à Butembo afin d’évaluer l’évolution de la riposte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola qui sévit dans la province du Nord-Kivu.
Reçue par le maire de la ville, la délégation de l’OMS et de l’UNICEF est venue s’enquérir des actions déjà entreprises sur le terrain, des résultats obtenus ainsi que des défis auxquels font face les équipes engagées dans la lutte contre la maladie.
Au cours des échanges, Dr Anne Ancia a exprimé le souhait de voir un laboratoire moderne d’analyse des échantillons être implanté à Butembo. Selon elle, cette infrastructure permettrait non seulement de confirmer rapidement les cas suspects d’Ebola, mais constituerait également un acquis durable pour le système sanitaire local.
« Mon souhait personnel est que nous puissions établir un laboratoire à Butembo. Ce laboratoire pourrait aujourd’hui confirmer les cas suspects d’Ebola, mais resterait aussi une infrastructure utile pour l’avenir de la ville », a-t-elle déclaré.
La responsable de l’OMS a également reconnu les difficultés liées au transport des échantillons vers Beni, une situation qui ralentit parfois la prise en charge des cas suspects. Elle a assuré que des solutions sont en cours d’étude afin d’améliorer cette chaîne logistique essentielle à la riposte.
Parmi les autres préoccupations soulevées figure le renforcement de la formation des relais communautaires. Ces derniers jouent un rôle clé dans la sensibilisation des populations, la recherche active des cas et le suivi des personnes contacts.
Dr Anne Ancia a insisté sur l’importance de l’implication communautaire, rappelant que la souche Bundibugyo actuellement en circulation ne dispose ni de vaccin ni de traitement spécifique.
« La participation de la population est essentielle pour que chaque cas suspect soit rapidement pris en charge dans une structure de santé et pour identifier les personnes contacts afin de casser la chaîne de transmission », a-t-elle souligné.
La mission conjointe OMS-UNICEF entend également renforcer les actions dans les zones de santé encore non touchées, mais exposées au risque de propagation de l’épidémie.
À ce jour, onze zones de santé du Nord-Kivu sont touchées par cette 17ᵉ épidémie d’Ebola, avec 117 cas confirmés. La ville de Butembo, qui compte deux zones de santé, enregistre à elle seule une cinquantaine de cas, faisant d’elle l’un des principaux foyers de l’épidémie dans la province.