Par Gloire Balolage
Une délégation de 48 médecins ougandais est arrivée dimanche dans la province de l’Ituri, considérée comme l’épicentre de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Cette mission médicale s’inscrit dans le cadre du renforcement de la riposte sanitaire face à cette épidémie qui touche plusieurs pays de la région. L’objectif est de soutenir les équipes déjà mobilisées sur le terrain afin d’améliorer la prise en charge des malades et de limiter la propagation du virus.
Cette intervention s’insère dans une riposte régionale coordonnée contre Ebola, qui affecte simultanément la République démocratique du Congo, l’Ouganda et le Soudan du Sud. Selon les données communiquées, cette épidémie a déjà provoqué plus de 500 décès sur un total de 1 561 cas confirmés. Face à cette situation préoccupante, les autorités sanitaires des trois pays misent sur une coopération renforcée pour contenir la maladie et protéger les populations exposées.
La délégation ougandaise est conduite par le ministre de la Santé de l’Ouganda, le Dr Chris Baryomunsi. Les médecins ont rejoint le territoire congolais en traversant la frontière par voie fluviale, avant d’entrer par le port lacustre de Kasenyi, situé sur les rives du lac Albert. Cette arrivée marque une nouvelle étape dans la collaboration sanitaire entre les deux pays voisins confrontés aux mêmes défis liés à la lutte contre Ebola.
Cette mission intervient dans un contexte particulier marqué par la circulation de la souche Bundibugyo, officiellement déclarée le 15 mai dernier par l’Organisation mondiale de la Santé. Les autorités sanitaires sont confrontées à un variant qui présente des difficultés supplémentaires pour la riposte, rendant indispensable le renforcement des capacités médicales et la mobilisation des ressources humaines disponibles dans la région.
Contrairement aux précédentes flambées épidémiques, cette souche se distingue par l’absence de vaccin homologué et de traitement curatif standard. Cette situation complique considérablement la prise en charge des patients et oblige les équipes médicales à concentrer leurs efforts sur les soins symptomatiques, la surveillance sanitaire et le suivi rigoureux des personnes ayant été en contact avec les cas confirmés.
Les autorités congolaises mettent également en avant l’importance de la coopération entre les pays voisins pour faire face à cette urgence sanitaire. À ce sujet, le président Félix Tshisekedi a rappelé que « la coopération sanitaire transfrontalière n’est pas une option, c’est une nécessité stratégique ». Cette vision souligne la nécessité d’une action commune pour freiner la propagation du virus dans une zone caractérisée par d’importants mouvements de populations et des échanges commerciaux permanents le long de la frontière.
Sur le terrain, les 48 médecins ougandais seront rapidement déployés dans les zones de santé les plus affectées, notamment à Bunia ainsi que dans les cités minières avoisinantes. Leur mission consistera à renforcer les soins apportés aux malades, optimiser la prise en charge symptomatique et améliorer le suivi des cas contacts afin de contribuer à la stabilisation des chaînes de transmission toujours très actives dans cette partie de l’Ituri.