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Ebola en Ituri : le retard dans la prise en charge des patients fait grimper le taux de létalité à 61 % dans la zone de santé de Tchomia

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Photo d'illustration
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Par Gloire Balolage

Le bilan de l'épidémie d'Ebola demeure particulièrement préoccupant dans la zone de santé de Tchomia, située dans le territoire de Djugu, en province de l'Ituri. Depuis le début de la flambée, 41 cas confirmés y ont été recensés, dont 25 se sont soldés par un décès. Pour les autorités sanitaires, cette situation s'explique en grande partie par le retard avec lequel de nombreux patients sont conduits dans les structures spécialisées de prise en charge.

Les responsables sanitaires expliquent que plusieurs personnes atteintes d'Ebola arrivent dans les centres de traitement à un stade avancé de la maladie. Cette prise en charge tardive réduit considérablement leurs chances de survie et contribue à maintenir un taux de létalité particulièrement élevé dans cette zone de santé.

S'exprimant dimanche sur l'évolution de la situation, le médecin-chef de la zone de santé de Tchomia, le Dr Hervé Bavi, a indiqué que 25 décès avaient déjà été enregistrés parmi les 41 cas confirmés depuis le début de l'épidémie. Selon lui, ce bilan correspond à un taux de létalité d'environ 61 %, illustrant l'ampleur des difficultés auxquelles sont confrontés les services de santé dans la lutte contre la maladie.

Le responsable sanitaire attire également l'attention sur une autre difficulté majeure : certains malades ne sont identifiés comme porteurs du virus qu'après leur décès. Les analyses effectuées post-mortem confirment alors l'infection à Ebola, alors que les membres de leur entourage ainsi que les autres personnes ayant été en contact avec eux ont déjà pu être exposés au virus, compliquant davantage les efforts de riposte.

Au-delà de la prise en charge des patients, le Dr Hervé Bavi s'inquiète du relâchement observé dans l'application des mesures de prévention au sein de la communauté. Il évoque notamment l'abandon progressif du lavage régulier des mains ainsi que le non-respect de certains gestes barrières, pourtant essentiels pour limiter la propagation du virus.

Face à cette situation, les autorités sanitaires exhortent la population à éviter toute forme d'automédication et à signaler immédiatement tout cas suspect aux structures de santé. Elles rappellent que les centres de prise en charge sont opérationnels pour accueillir rapidement les malades et réduire les risques de transmission au sein des familles et des communautés.

Pour le médecin-chef de la zone de santé de Tchomia, une réaction rapide dès l'apparition des premiers symptômes demeure déterminante dans la lutte contre Ebola. Il appelle ainsi les familles à ne pas garder les malades à domicile, estimant que la détection précoce et une prise en charge rapide constituent les meilleurs moyens de réduire le nombre de décès et de freiner la propagation de l'épidémie dans cette partie de l'Ituri.

La situation à Tchomia montre que la lutte contre Ebola ne dépend pas uniquement de la réponse médicale, mais aussi du comportement des communautés face aux premiers signes de la maladie. Le retard dans la consultation et le relâchement des mesures de prévention demeurent des facteurs qui aggravent le bilan, d'où la nécessité de renforcer la sensibilisation de la population et la confiance envers les structures sanitaires.

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Lundi 3 août 2026 - 14:36