Par Prosper Buhuru
À l'occasion de la Journée nationale du Génocost, le Directeur général du Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l'humanité (FONAREV), Patrick Fata Makunga, a présenté le bilan des actions menées par son institution en faveur des victimes des conflits armés en République démocratique du Congo.
Selon lui, le FONAREV a franchi une étape importante dans le processus de réparation avec l'identification de plus de 1,2 million de victimes à travers le pays. Pour Patrick Fata Makunga, cette opération constitue une avancée majeure dans la reconnaissance officielle des personnes affectées par les violences.
« Derrière chaque enregistrement se cache une histoire de souffrance, de résilience et d'espérance. Pour la première fois, les victimes sortent progressivement de l'invisibilité et leur douleur est reconnue par la Nation », a-t-il déclaré.
Au-delà de ce travail d'identification, le FONAREV affirme avoir intensifié son assistance aux populations les plus vulnérables. L'établissement public indique avoir financé des interventions chirurgicales réparatrices, facilité l'accès aux soins de santé mentale, accompagné des initiatives de résilience communautaire et apporté une assistance aux personnes déplacées ainsi qu'aux réfugiés congolais.
L'institution met également l'accent sur la réinsertion socio-économique des survivants afin de leur permettre de retrouver leur autonomie. À ce titre, Patrick Fata Makunga a cité le partenariat conclu avec Philippe Fitex et le styliste Alvin Makengélé, grâce auquel quatre survivants ont participé à la confection de la tenue officielle des Léopards portée lors de la Coupe du monde.
Pour le Directeur général, cette initiative illustre la vocation du FONAREV à transformer les parcours des victimes en opportunités de reconstruction. Il estime que la réparation ne se limite pas à une assistance ponctuelle, mais doit aussi permettre aux survivants de retrouver leur dignité et une perspective d'avenir.
Patrick Fata Makunga a, en outre, indiqué que le FONAREV poursuit la mise en œuvre de réparations collectives à travers des projets destinés à restaurer les infrastructures sociales, renforcer la cohésion des communautés affectées et préserver la mémoire des victimes.
Reconnaissant que les besoins demeurent immenses après plusieurs décennies de conflits, il a toutefois assuré que les premiers jalons d'une politique nationale de réparation ont été posés et que le Fonds entend poursuivre ses efforts pour accompagner les victimes sur le chemin de la reconstruction.