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Ituri : la société civile de Babila Babombi décrète deux journées sans activités pour protester contre les violences attribuées aux ADF

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Par Gloire Balolage

Dans la chefferie de Babila Babombi, située dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, la société civile et plusieurs défenseurs des droits humains ont appelé la population à observer deux journées sans activités à partir de ce lundi 3 août. Cette décision intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des attaques contre les civils, avec plus de 190 personnes tuées dans cette partie de la province, dont 40 victimes enregistrées au cours de la seule semaine dernière.

À travers cette mobilisation, les acteurs de la société civile entendent exprimer leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme une absence de réponse efficace des autorités congolaises à la situation sécuritaire. Les journées sans activités décrétées dans l’ensemble de la chefferie de Babila Babombi constituent, selon eux, un moyen de pression pour attirer l’attention sur les souffrances des populations confrontées aux violences répétées.

Cette initiative intervient alors que les attaques attribuées aux Forces démocratiques alliées, ADF, continuent de faire des victimes dans l’est de la République démocratique du Congo. Les habitants de cette région dénoncent une situation devenue préoccupante, marquée par des pertes en vies humaines et un sentiment d’abandon face à l’insécurité persistante.

Le coordinateur de la Nouvelle société civile congolaise dans la chefferie de Babila Babombi, Muhindo Mamboro Peresi, affirme que les opérations militaires menées jusqu’ici ne parviennent pas à mettre fin aux actions des groupes armés. Selon lui, l’armée congolaise fait souvent face aux conséquences des attaques sans réussir à empêcher les incursions contre les civils.

« Aucune opération militaire ne semble inquiéter le groupe ADF. L’armée ne fait que constater après les dégâts », a déclaré Muhindo Mamboro Peresi, qui évoque également des difficultés logistiques au sein des forces de défense. Il cite notamment le manque de moyens de déplacement pour certaines unités militaires engagées sur le terrain, estimant que cette situation limite leur capacité d’intervention.

Le responsable de la société civile affirme par ailleurs qu’en l’espace d’une semaine, douze attaques ont été enregistrées dans la zone. Face à cette situation, les organisations locales annoncent qu’après les deux journées sans activités prévues lundi 3 et mardi 4 août, la population pourrait observer un mouvement d’incivisme fiscal, afin de réclamer davantage d’engagement des autorités dans la protection des civils.

Pour les représentants de la société civile de Babila Babombi, la sécurité constitue un droit fondamental pour chaque citoyen et non une faveur accordée par les autorités. Ils appellent ainsi le gouvernement congolais à prendre des mesures pour répondre aux inquiétudes des habitants de cette partie de l’Ituri, qui continuent de vivre sous la menace des violences armées.

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Lundi 3 août 2026 - 13:55