Par Serge Mavungu
Face aux inquiétudes suscitées par l’arrivée à Kinshasa d’un bateau en provenance de la province de l’Équateur, les autorités sanitaires congolaises se veulent rassurantes. Elles appellent la population à éviter toute panique et à se référer uniquement aux informations officielles sur la situation.
Le Secrétaire général à la Santé publique et Hygiène, Dr Body Ilonga Bompoko, et le Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, ont assuré que toutes les dispositions sont prises pour prévenir tout risque d’introduction du virus Ebola dans la capitale.
Depuis trois jours, un dispositif de contrôle sanitaire est déployé au site d’accostage de Maluku, dans l’est de Kinshasa, afin de surveiller les passagers en provenance de l’Équateur. Cette opération mobilise plusieurs structures, notamment l’INSP, le Secrétariat général à la Santé, la Division provinciale de la Santé ainsi que le Programme national d’hygiène aux frontières (PNHF), avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et d’autres partenaires.
À l’arrivée de l’embarcation, le protocole sanitaire établi a été immédiatement activé. Les passagers ont été enregistrés, soumis à une prise de température et à un examen clinique initial. Les personnes présentant des signes suspects ont fait l’objet de prélèvements transmis au laboratoire pour analyse. L’embarcation a également été décontaminée conformément aux mesures de prévention.
Au cours de cette opération de contrôle, quatre passagers présentant de la fièvre ont été identifiés. Des échantillons ont été prélevés et sont actuellement en cours d’analyse. Les autorités précisent qu’il s’agit, à ce stade, de cas suspects et non de cas confirmés de maladie à virus Ebola. Seuls les résultats des examens de laboratoire permettront d’établir la situation exacte.
Les services sanitaires tiennent également à clarifier l’origine du bateau. Contrairement à certaines informations relayées, l’embarcation provient de la province de l’Équateur et non de Kisangani, dans la province de la Tshopo. Aucun lien épidémiologique avec cette dernière province n’a été établi jusqu’à présent.
Par ailleurs, les autorités indiquent que l’ensemble des passagers bénéficie d’une prise en charge assurée par le Gouvernement durant la période de surveillance. Ils reçoivent notamment trois repas par jour et disposent de toilettes mobiles ainsi que des commodités nécessaires afin de garantir des conditions de séjour dignes et sécurisées.
Cette intervention s’inscrit dans le cadre du dispositif national de préparation et de riposte contre la maladie à virus Ebola. Elle vise à détecter rapidement tout éventuel cas suspect, limiter les risques de propagation et assurer une prise en charge efficace des personnes concernées.
Les autorités sanitaires réitèrent ainsi leur appel au calme, à la vigilance et à la responsabilité collective, invitant la population à ne se fier qu’aux communications officielles pour suivre l’évolution de la situation.