Par Denise Kyalwahi
L'Église catholique de Kinshasa entend faire de l'année pastorale 2026-2027 un temps fort consacré à la protection de l'environnement et à la dignité humaine. À l'ouverture de cette nouvelle année pastorale, le cardinal Fridolin Ambongo Besungu a réaffirmé la responsabilité de l'Église face aux menaces qui pèsent sur la santé des populations, l'environnement et la qualité de vie, tout en précisant les limites de son rôle par rapport aux pouvoirs publics.
« L'Église ne se substitue pas à l'État mais elle ne peut demeurer indifférente lorsque la dignité humaine, la santé des populations et la sauvegarde de la création sont menacées », a déclaré l'archevêque métropolitain de Kinshasa.
Cette position inscrit l'engagement ecclésial dans une démarche de « conversion écologique », conçue comme une invitation à modifier les comportements et à renforcer la responsabilité collective face aux dégradations environnementales.
Cette orientation intervient dans un contexte où Kinshasa fait face à d'importants défis liés à l'insalubrité, notamment l'accumulation des déchets, la prolifération des matières plastiques, la disparition des espaces verts et l'obstruction des caniveaux et cours d'eau. L'année pastorale 2026-2027 est ainsi placée sous le thème « Ensemble pour une gestion évangélique de l'environnement », avec l'ambition de mobiliser les paroisses, écoles, structures sanitaires, associations et autres composantes de l'Église autour d'actions coordonnées.
Pour le cardinal Ambongo, cette mobilisation ne doit toutefois pas rester confinée au cadre ecclésial. Il estime que la protection de la création rejoint directement les préoccupations liées à la dignité humaine et à la santé publique. L'Église entend dès lors inscrire son action dans une dynamique de collaboration avec les institutions publiques et les autres acteurs engagés dans la recherche du bien commun, sans se substituer aux responsabilités de l'État.
Le cardinal a également établi un lien entre cette démarche et les grands enjeux climatiques à l'échelle internationale.
« Cette invitation à la conversion écologique nous fait entrer dans la dynamique de la prochaine COP32 qui se tiendra en terre africaine à Addis-Abeba en 2027 », a-t-il souligné.
L'engagement annoncé par l'archidiocèse de Kinshasa se trouve ainsi placé dans une perspective qui dépasse les frontières nationales et rejoint les débats consacrés à la protection de l'environnement et aux changements climatiques.
Au-delà de cette année pastorale, l'Église de Kinshasa prépare déjà la prochaine étape de son action. L'année 2026-2027 doit servir de transition avant un plan pastoral quinquennal couvrant la période de 2027 à 2032. Ce prochain programme devrait être articulé autour du thème « Identité chrétienne catholique, dignité et fierté », selon l'annonce faite par le cardinal Ambongo.
Avec cette double perspective, écologique pour l'année en cours et pastorale pour les cinq années suivantes, le cardinal Fridolin Ambongo place la protection de la création, la dignité humaine et la responsabilité collective parmi les axes majeurs de l'action de l'Église à Kinshasa. Dans une formule empreinte d'humilité sur la continuité de cette feuille de route, il a conclu : « Si nous serons toujours là, nous espérons que nous serons toujours là », laissant ainsi ouverte la perspective d'un engagement appelé à se poursuivre au-delà de l'année pastorale actuelle.