Par la Rédaction
La riposte contre l’épidémie d’Ebola se renforce à Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uélé. Le centre de traitement d’Ebola de cette ville dispose désormais de 50 lits grâce à l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en collaboration avec Médecins Sans Frontières (MSF). Parallèlement, 25 patients guéris, dont 13 femmes et 12 hommes, ont été autorisés à quitter le centre après leur traitement.
Ces avancées ont été annoncées par le Dr Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, dans une publication consacrée à l’évolution de la riposte en République démocratique du Congo.
Selon lui, l’augmentation de la capacité d’accueil du centre de traitement doit permettre d’améliorer la prise en charge des malades tout en facilitant la reprise progressive des activités habituelles de l’Hôpital général de référence d’Isiro, sollicité dans le cadre de la réponse à l’épidémie.

L’OMS a également acheminé plus d’une tonne de fournitures médicales vers cet établissement hospitalier. Cette livraison comprend notamment des équipements d’approvisionnement en oxygène, des gants, des masques destinés au personnel soignant, ainsi que des lits et des matelas.
La vaccination des agents de santé se poursuit
Dans la province du Haut-Uélé, les agents de santé de première ligne reçoivent également le vaccin ERVEBO dans le cadre d’un programme piloté par le gouvernement congolais.

Le Dr Mohamed Janabi rappelle toutefois une distinction scientifique importante : si ce vaccin a démontré son efficacité contre le virus Ebola de l’espèce Zaïre, son efficacité contre le virus Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle, fait toujours l’objet d’études.
Cette précision est essentielle, car les résultats obtenus avec un vaccin contre une espèce du virus Ebola ne peuvent pas être automatiquement extrapolés à une autre espèce. La vaccination des agents de santé s’inscrit dans les mesures de protection déployées par les autorités sanitaires, sans constituer une garantie d’efficacité contre le virus responsable de cette flambée épidémique.
L’OMS appelle à poursuivre les efforts
Malgré les progrès enregistrés à Isiro, l’OMS estime que les efforts doivent se poursuivre et s’intensifier afin d’atteindre les communautés touchées et de limiter la propagation du virus.
L’organisation insiste notamment sur le rôle du leadership des autorités nationales, de l’engagement des communautés, du dévouement des professionnels de santé et de la coopération entre les partenaires intervenant dans la riposte.

Le Dr Mohamed Janabi réaffirme ainsi l’engagement de l’OMS à accompagner le gouvernement congolais et ses partenaires dans la maîtrise de l’épidémie, tout en contribuant au renforcement durable des services de santé.
Ces avancées locales interviennent néanmoins dans un contexte épidémiologique toujours préoccupant. Dans son bulletin du 8 octobre 2026, l’OMS indique que l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo continue de s’étendre en RDC. Au 6 octobre, le pays avait enregistré 8 728 cas confirmés et 4 205 décès confirmés. Un cas importé depuis la RDC a également été confirmé au Kenya, où le patient est décédé le 5 octobre.
Le renforcement des capacités de traitement à Isiro constitue donc un progrès dans la prise en charge des patients, mais la maîtrise de l’épidémie dépendra également de la détection rapide des cas, du suivi des contacts, de l’accès aux soins et de la mobilisation durable des communautés et des partenaires sanitaires.