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Beni : plus de 13 000 cas de troubles mentaux rapportés dans un contexte d'insécurité

lun 12/10/2026 - 11:30
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Rond-point Rasta, dans la ville de Beni [photo d'illustration]
Rond-point Rasta, dans la ville de Beni [photo d'illustration]

Par Denise Kyalwahi

Les violences armées qui frappent la région de Beni, au Nord-Kivu, ont de lourdes conséquences sur la santé mentale des populations. À l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre, le Centre médical GRACIA appelle à une meilleure prise en charge des personnes confrontées à des traumatismes psychologiques.

L'insécurité persistante dans la région de Beni affecte non seulement la sécurité physique des habitants, mais aussi leur équilibre psychologique. Peur, stress et traumatismes font partie des difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses personnes exposées aux violences armées.

Selon les données présentées à l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, 13 282 cas de troubles mentaux ont été recensés au cours de l'année écoulée, contre 1 357 avant les massacres successifs dans cette partie du Nord-Kivu.

 

« Avant le massacre, nous avons comptabilisé 1 357 cas de maladies mentales. Mais le massacre a fait monter le taux à 13 282 cas. C'est-à-dire qu'il y a un problème direct par rapport aux violences subies », a expliqué la neuropsychiatre Takaba Guga Hélène.

Ces chiffres mettent en évidence l'importance des besoins en matière de soins psychologiques et psychiatriques. Toutefois, la source exacte de ces statistiques ainsi que les périodes de référence doivent être précisées pour permettre une meilleure appréciation de cette évolution.

Placée sous le thème « Il n'y a pas de santé sans santé mentale », cette journée a permis au service de santé mentale et neuropsychiatrique du Centre médical GRACIA de sensibiliser la population à l'importance du bien-être psychologique.

Dans une interview accordée à Radio Oasis Congo, la psychiatre Takaba Guga Hélène, responsable du service santé mentale et neuropsychiatrique au Centre médical GRACIA de Beni, a décortiqué les origines de cette crise sanitaire silencieuse et rappelle que la santé mentale est étroitement liée à la santé physique.

Selon elle, si les causes biologiques et les facteurs familiaux jouent un rôle, ce sont bel et bien les facteurs psychologiques liés aux drames vécus qui font basculer des milliers de citoyens.

Les difficultés psychologiques affectent également l'état général d'une personne et compliquent la prise en charge de certaines maladies. Elles peuvent aussi avoir des répercussions sur les relations sociales, la capacité à travailler et l'épanouissement personnel.

L'insécurité, une source de traumatismes dans l'Est du pays

Dans la région de Beni, les violences armées et les déplacements de population exposent de nombreux habitants à des situations de détresse psychologique.

Face à cette réalité, la spécialiste appelle la population à ne pas négliger les signes de souffrance mentale et à consulter des professionnels de santé lorsque cela est nécessaire, sans attendre que la situation s'aggrave.

Elle insiste également sur l'importance de la solidarité communautaire pour accompagner les personnes traumatisées et soutenir les familles touchées par les violences.

Le Centre médical GRACIA mobilisé pour la prise en charge des troubles mentaux

Pour répondre aux besoins sanitaires de la population, le Centre médical GRACIA de Beni dispose notamment d'un service de santé mentale et neuropsychiatrique. Il propose également des soins généraux, des services de dentisterie, de l'imagerie médicale et des examens de laboratoire.

À travers ses activités de sensibilisation, cette structure entend encourager les habitants à mieux comprendre les troubles mentaux et à rechercher une prise en charge adaptée. Elle s'inscrit également dans une démarche de prévention visant à limiter les conséquences graves de ces troubles sur la vie des personnes affectées.

Dans une région marquée par des années de violences armées, la santé mentale représente un enjeu majeur de santé publique. Une meilleure sensibilisation, un accès accru aux soins et un soutien aux personnes affectées peuvent contribuer à atténuer les conséquences psychologiques de l'insécurité sur les communautés.

Lundi 12 octobre 2026 - 11:30