Par la Rédaction
Au moins 11 civils ont été tués en septembre 2026 dans le territoire de Rutshuru, tandis que des incendies et des actes de criminalité continuent de fragiliser les populations de plusieurs localités du Nord-Kivu. Ces faits sont rapportés dans un document de monitoring conjoint publié ce mercredi 14 octobre par le Programme d’Action Communautaire Intégré des Femmes pour le Développement (PACOFEDI) et le Réseau des Femmes Ambassadrices et Médiatrices des Territoires pour la Paix (REFAM-TP).
Le rapport décrit une situation sécuritaire et humanitaire préoccupante, marquée notamment par les explosions d’engins abandonnés, les tueries de civils et les pertes de biens. Les deux organisations appellent à renforcer la protection des populations et à répondre aux besoins des ménages touchés.
Le 12 septembre, l’explosion d’un engin explosif abandonné à Nyarubara, dans le groupement de Jomba, a fait sept morts, dont quatre enfants et deux femmes. Plusieurs autres personnes ont été grièvement blessées et conduites à l’hôpital de Bugusa ainsi qu’à l’Hôpital général de référence de Rwanguba.
Deux semaines plus tard, le 27 septembre, quatre autres civils ont été tués à Nyamagana/Rugashari, dans le groupement de Busanza, en chefferie de Bwisha. Selon les alertes confirmées par le Conseil territorial de la jeunesse de Rutshuru, les victimes étaient trois hommes âgés de 31, 52 et 60 ans, ainsi qu’une femme de 44 ans.
Ces deux incidents portent à au moins 11 le nombre de civils tués dans le territoire de Rutshuru au cours du mois de septembre, selon les données présentées par PACOFEDI et REFAM-TP.
Les difficultés des populations ne se limitent pas aux violences armées. Le 21 septembre, un incendie survenu à Kabaya, dans le groupement de Kisigari, a détruit 15 habitations. Le sinistre a notamment affecté les membres de l’Association villageoise d’épargne et de crédit (AVEC) « UMOJA NI NGUFU ». Vingt femmes appartenant à cette structure ont perdu leurs épargnes ainsi que leurs outils de gestion, compromettant leurs activités économiques et leurs efforts d’autonomisation.
À Nyiragongo, particulièrement dans le groupement de Mudja et aux environs du Parc national des Virunga, vers Mutaho, les habitants restent confrontés à la peur de nouveaux affrontements. Le rapport fait également état de cambriolages, de vols de bétail, de tueries et d’incendies régulièrement signalés dans ces zones.
Malgré ce contexte difficile, des initiatives locales visent à renforcer les capacités économiques des jeunes. Le 14 septembre, une formation professionnelle en coupe et couture a été lancée à Ngangi I, dans le territoire de Nyiragongo, sous la gestion de l’association AHADIV. Au total, 54 jeunes du groupement de Munigi bénéficient de cet encadrement. Le programme a reçu un appui matériel de PACOFEDI, dans le cadre de son partenariat avec le Fonds pour les femmes congolaises (FFC), notamment à travers la remise de 15 machines à coudre.
Cette initiative entend contribuer à l’autonomisation des jeunes et à leur capacité à faire face aux difficultés socio-économiques dans une région affectée par l’insécurité.
Au regard des incidents recensés, PACOFEDI et REFAM-TP recommandent d’intensifier la sensibilisation des communautés aux dangers des engins explosifs et de mettre en place des mécanismes efficaces pour signaler leur présence.
Les deux organisations demandent également une évaluation rapide des besoins des 15 ménages sinistrés de Kabaya/Rumangabo, ainsi qu’un soutien au relèvement de l’AVEC « UMOJA NI NGUFU », dont les membres ont perdu leurs économies et leurs outils de travail.
Elles préconisent enfin de renforcer la vérification des alertes précoces et la coordination avec le Sous-Cluster Protection de Rutshuru, afin d’améliorer le suivi des incidents et la réponse aux besoins des populations vulnérables. Pour les deux organisations, la protection des civils, l’assistance aux familles affectées et le soutien aux initiatives communautaires demeurent essentiels face à la persistance des risques sécuritaires et humanitaires au Nord-Kivu.