Par la Rédaction
Trois cents personnes, dont 150 anciens combattants et 150 déplacés de guerre, bénéficient de projets de réinsertion socioéconomique dans les territoires d’Irumu, de Djugu et de Mahagi, en province de l’Ituri. Financées par la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) à hauteur de 174 418 dollars américains, ces initiatives visent à favoriser l’autonomie économique des bénéficiaires, à renforcer la cohésion sociale et à soutenir la stabilisation des communautés affectées par les conflits armés.
Lancé en août 2026, le programme est mis en œuvre par l’organisation Femmes en Action pour le Développement Multisectoriel (FADEM) dans les localités de Muto, Kabarole, Nizi, Ngote et Mahagi-Centre. Il prévoit notamment des formations professionnelles et la construction d’infrastructures communautaires, dont des écoles, des marchés et des routes de desserte agricole.
Selon la Section Désarmement, Démobilisation, Réinsertion sociale et Stabilisation de la MONUSCO, ces activités visent à faciliter le retour des personnes déplacées et à contribuer à la stabilisation des zones affectées par l’insécurité, en appui au Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (P-DDRCS).
Les bénéficiaires suivent des formations dans plusieurs domaines, notamment l’agriculture, la pâtisserie, la mécanique, la coupe et couture ainsi que le petit commerce. L’objectif est de leur permettre de développer des activités génératrices de revenus et de réduire les risques de réintégration dans les groupes armés.
La coordonnatrice de FADEM, Georgine Love Kitabo, souligne que le programme privilégie le travail collectif entre anciens combattants, personnes déplacées et membres des communautés d’accueil.
« Ils travaillent ensemble ; les ex-combattants, les déplacés internes et la communauté pour la cohésion sociale », explique-t-elle, estimant que cette approche favorise l’acceptation des anciens combattants au sein des communautés.
Selon elle, aucune situation de mépris ou de marginalisation n’a été enregistrée parmi les participants depuis le lancement des activités.
En plus des formations professionnelles, le programme prévoit la réalisation d’infrastructures destinées à soutenir le relèvement des communautés. À Kabarole, la construction d’une école figure parmi les activités prévues.
Pour Georgine Love Kitabo, cette infrastructure doit également contribuer à rapprocher les différentes composantes de la population, notamment les anciens combattants, les personnes déplacées de retour et les communautés d’accueil.
Les bénéficiaires y voient une occasion de reconstruire leurs moyens de subsistance après les violences et les déplacements forcés. Un participant affirme que la formation suivie lui redonne confiance en l’avenir et lui offre la possibilité de subvenir aux besoins de sa famille.
Une femme retournée à Kabarole explique, pour sa part, que la perte de ses biens lors de son déplacement avait rendu son retour difficile. Sa participation aux travaux de construction de l’école lui permet aujourd’hui d’améliorer son quotidien. Elle appelle également d’autres partenaires à soutenir la construction d’une salle destinée aux activités des femmes, qu’elle considère comme des actrices importantes de la paix.
Les activités s’inscrivent dans le cadre d’un programme plus large intitulé « Appui au retour des déplacés internes et à la stabilisation des zones en conflit en Ituri et appui au P-DDRCS ». Celui-ci dispose d’un budget global de 3,16 millions de dollars américains, entièrement financé par la MONUSCO à travers son Fonds de cohérence pour la stabilisation.
Sa mise en œuvre mobilise cinq partenaires des Nations Unies : le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), l’UNICEF, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et ONU-Femmes. Chacun intervient dans des domaines spécifiques, notamment la justice transitionnelle, la protection de l’enfance, le développement, la réinsertion et l’autonomisation des femmes.
À travers ces interventions, la MONUSCO et ses partenaires entendent soutenir le retour des déplacés, renforcer les relations entre les communautés et offrir des perspectives économiques aux populations affectées par les conflits en Ituri.