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Ebola : les restrictions de circulation liées à l'épidémie réduisent les recettes des chauffeurs entre Butembo et Bunia

mar 20/10/2026 - 12:23
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Une file de véhicules de transport en commun sur la route Goma-butembo [photo d'illustration]
Une file de véhicules de transport en commun sur la route Goma-butembo [photo d'illustration]

Par Gloire Balolage

Les nouvelles mesures de restriction de la circulation entre les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri commencent à peser sur les activités des transporteurs à Butembo. Alors que les autorités provinciales ont interdit, pour une durée de sept jours à compter du lundi 19 octobre 2026, l'entrée au Nord-Kivu des voyageurs en provenance de l'Ituri afin de freiner la propagation de l'épidémie d'Ebola, les chauffeurs dénoncent les difficultés économiques auxquelles ils sont confrontés.

La limitation du nombre de passagers, la baisse de la clientèle et les charges liées au transport figurent parmi leurs principales préoccupations.

Dans une interview accordée à la rédaction d'Opinion-info.cd ce mardi 20 octobre, Kakule Kangitsi Kabananga, chauffeur au sein de l'agence de transport COTRAME, connue aussi sous le nom « Ya Léo Léo », située à Kaghuntura dans la ville de Butembo, explique que cette décision place les transporteurs dans une situation particulièrement difficile.

Tout en reconnaissant qu'ils doivent se conformer aux instructions des autorités, il souligne que la réduction du nombre de voyageurs compromet la rentabilité de leurs activités. « Nous n'avons pas le choix, nous devons suivre les ordres des autorités », explique-t-il, avant d'insister sur les difficultés à trouver suffisamment de clients et à couvrir les dépenses liées aux déplacements.

La question du prix du transport constitue également une source de préoccupation. Selon ce chauffeur, le coût du trajet entre Butembo et Bunia peut atteindre 80 dollars, alors qu'il évoque auparavant un tarif d'environ 50 dollars. Il affirme que les voyageurs acceptent difficilement cette augmentation, certains proposant plutôt de payer 30 ou 40 dollars. Les transporteurs se retrouvent ainsi confrontés à un dilemme : maintenir des tarifs accessibles aux clients ou augmenter les prix pour tenter de compenser les dépenses occasionnées par les voyages.

Kakule Kangitsi Kabananga explique que la limitation du nombre de passagers autorisés à bord constitue l'une des principales raisons de cette situation. Il indique que les chauffeurs transportaient auparavant davantage de voyageurs, alors que les mesures sanitaires les obligent désormais à réduire les effectifs. Cette diminution du nombre de passagers entraîne une baisse des recettes, sans pour autant supprimer les dépenses liées au fonctionnement des véhicules. À cela s'ajoute la difficulté de trouver des clients pour le trajet de retour depuis Bunia, ce qui augmente davantage le risque de réaliser des voyages peu rentables.

Le coût du carburant représente une autre charge importante pour les transporteurs. D'après ce chauffeur, le trajet entre Butembo et Bunia nécessite environ 40 litres de carburant, dont le prix serait de 3 500 francs congolais par litre. Il évoque également les frais liés aux agences et aux différentes formalités rencontrées au cours des déplacements. Selon son témoignage, les recettes réalisées après plusieurs heures de route ne permettent pas toujours de couvrir l'ensemble des dépenses engagées, laissant parfois les chauffeurs dans une situation financière difficile.

Au-delà des restrictions liées à Ebola, ce chauffeur dénonce aussi les tracasseries routières et les frais supplémentaires auxquels les transporteurs seraient confrontés. Il affirme que les difficultés rencontrées sur les axes routiers, combinées à la rareté des clients, aggravent la précarité de leur travail. Il évoque notamment les mesures de quarantaine appliquées à Kanyabayonga, faisant état de personnes retenues pendant 23 jours et d'une amende de 100 dollars à payer à l'issue de cette période. Ces éléments rapportés par le chauffeur n'ont toutefois pas été confirmés de manière indépendante.

Face à cette situation, il appelle les autorités à examiner les difficultés des professionnels du transport et à engager des discussions avec les acteurs concernés. Il estime que les chauffeurs ont besoin d'un accompagnement pour faire face aux conséquences économiques des mesures sanitaires, tout en reconnaissant la nécessité de lutter contre la propagation de l'épidémie. Son témoignage met en lumière les difficultés auxquelles se heurtent les transporteurs qui assurent la liaison entre Butembo et Bunia, dans un contexte où les restrictions de déplacement perturbent les activités économiques.

Pour rappel, les autorités provinciales du Nord-Kivu ont annoncé, dans un communiqué du gouvernement provincial publié le week-end dernier, une interdiction d'entrée dans la province pour les voyageurs en provenance de l'Ituri, pour une durée de sept jours à compter du lundi 19 octobre 2026.

Cette mesure vise à limiter la propagation d'Ebola, l'Ituri étant considérée comme l'épicentre de l'épidémie. Elle s'inscrit dans un ensemble de dispositions touchant également les transports, les rassemblements publics et certaines activités économiques.

Mardi 20 octobre 2026 - 12:23