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Ebola en RDC : deux journalistes pris pour cible en 48 heures, JED dénonce une montée des violences contre la presse

ven 06/11/2026 - 17:27
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L’un des journalistes agressés
L’un des journalistes agressés

Par Gloire Balolage

Alors que la République démocratique du Congo fait face à une nouvelle épreuve sanitaire avec l'épidémie de maladie à virus Ebola, les professionnels des médias engagés dans la sensibilisation des communautés sont également confrontés à des actes de violence. En l'espace de 48 heures, deux journalistes ont été physiquement agressés à Oïcha, dans le Nord-Kivu, et à Bafwasende, dans la province de la Tshopo. Des attaques qui suscitent de nouvelles inquiétudes sur la sécurité des journalistes dans les zones affectées par l'épidémie.

Dans une alerte rendue publique ce vendredi 6 novembre 2026, Journaliste en Danger (JED) rapporte que les deux victimes auraient été prises pour cible en raison de leur implication dans la diffusion d'informations et les activités de sensibilisation autour d'Ebola. Le premier cas concerne Mbusa Vagheni Jackson, rédacteur en chef à la Radio du peuple Oïcha (Radio UMA), agressé dans la soirée du mercredi 4 novembre, au quartier Masosi, dans la commune de Mamundioma, à Oïcha.

D'après le témoignage du journaliste rapporté par JED, il avait été attaqué par un groupe de plus de six individus qui l'accusaient de diffuser de fausses informations sur l'épidémie. Alors qu'il tentait de quitter les lieux sans engager de discussion, il aurait reçu un coup de poing avant d'être violemment pris à partie.

Ses agresseurs lui auraient retiré ses vêtements, ligoté les bras à l'aide de son singlet et abandonné au sol. Secouru par des passants environ trente minutes plus tard, il a été conduit dans une structure sanitaire du quartier Masosi. Une somme d'au moins 200 000 francs congolais ainsi que l'un de ses téléphones auraient également disparu lors de cette attaque. Un présumé auteur aurait été interpellé par la police.

La deuxième agression a été signalée à Bafwasende, dans la province de la Tshopo. Finance Sianga Bilanga, journaliste à la Radiotélévision Bafwasende (RTBD), a été attaqué jeudi 5 novembre par un groupe de jeunes non identifiés, à l'intérieur même des installations de sa station, situées sur la 14e avenue Ipakala, au quartier Maway. Selon les informations rapportées par JED et relayées par le média Kis24, cette attaque serait notamment liée à son implication dans les activités de sensibilisation contre Ebola.

Cette nouvelle agression intervient moins de deux semaines après une première attaque contre le même journaliste. Le 24 octobre dernier, Finance Sianga Bilanga avait déjà été pris à partie sur la 13e avenue, alors qu'il participait à un deuil organisé en mémoire d'un infirmier tué dans la région. Des individus auraient tenté de l'attaquer à la machette. Il avait finalement échappé au pire grâce à l'intervention de jeunes du voisinage et d'auditeurs de sa radio. La répétition de ces violences renforce les préoccupations autour de sa sécurité et de celle des autres professionnels des médias travaillant dans cette zone.

Ces incidents surviennent dans un climat de tensions autour des activités de riposte contre Ebola. À Oïcha, des attaques contre des ambulances de l'Hôpital général de référence, des agressions visant des agents chargés de l'alerte communautaire ainsi que des manifestations de résistance aux interventions sanitaires ont été signalées par le coordonnateur zonal de la riposte. À Bafwasende, les tensions ont également été exacerbées par le meurtre d'un infirmier impliqué dans les activités sanitaires, entraînant l'interruption de certaines interventions de riposte.

Face à cette situation, JED rappelle les conclusions de son rapport 2026 intitulé « Rumeurs, légendes et complotisme sur Ebola : les médias sous pression face au virus de la désinformation ». Ce document met en évidence les difficultés rencontrées par les professionnels des médias dans un environnement marqué par la circulation de fausses informations, les théories complotistes et les résistances communautaires autour de l'épidémie. Pour l'organisation, les agressions enregistrées à Oïcha et à Bafwasende illustrent les dangers auxquels sont exposés les journalistes lorsqu'ils accomplissent leur mission d'information et de sensibilisation sur des questions de santé publique.

Journaliste en Danger condamne ces violences et appelle les autorités compétentes à garantir la sécurité des professionnels des médias, à mener des enquêtes pour établir les responsabilités et à traduire les auteurs de ces agressions devant la justice. L'organisation rappelle que la sensibilisation sanitaire, la vérification des faits et la diffusion d'informations fiables constituent une mission d'intérêt public.

Elle estime qu'aucune divergence d'opinion ni résistance communautaire ne peut justifier des violences contre les journalistes, dont la protection demeure essentielle pour garantir le droit des populations à une information crédible en période de crise sanitaire.

Vendredi 6 novembre 2026 - 17:27