Par Gloire Balolage
Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo et chef de la MONUSCO, James Swan, est arrivé ce vendredi à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, pour la dernière étape de sa tournée dans l'Est du pays. Après Goma et Beni, au Nord-Kivu, cette visite intervient dans un contexte marqué par la persistance de l'insécurité et la propagation de l'épidémie de la maladie à virus Ebola.
À Bunia, le responsable de la mission onusienne prévoit notamment des échanges avec les autorités provinciales et les équipes engagées dans la riposte contre Ebola. Les discussions portent également sur la situation sécuritaire dans la province ainsi que sur les mécanismes d'accompagnement de la MONUSCO pour garantir la sécurité des interventions sanitaires et humanitaires.
À l'issue de ses échanges avec le gouverneur de l'Ituri et son équipe, James Swan a réaffirmé la solidarité des Nations unies envers les populations de cette province, confrontées à des difficultés particulièrement importantes. Il a identifié deux défis majeurs auxquels l'Ituri reste confrontée : l'insécurité persistante liée aux activités des groupes armés et l'épidémie d'Ebola, qui continue d'affecter durement les communautés.
Sur le volet sécuritaire, le chef de la MONUSCO a rappelé que la protection des civils demeure au centre de l'action de la mission onusienne. Il a notamment évoqué le renforcement des patrouilles, des mécanismes d'alerte précoce ainsi que l'adaptation de la présence de ses équipes dans les zones où les populations sont les plus exposées aux violences. À titre d'exemple, il a indiqué que plus de 3 000 civils avaient été protégés dans le territoire de Djugu, fin septembre, à la suite des affrontements. Il a également mentionné le renforcement de la présence de la MONUSCO à Bamade, dans le territoire d'Irumu, à la fin du mois d'août.
James Swan a par ailleurs souligné l'importance des déploiements mobiles et des capacités de réaction rapide de la mission, présentés comme des dispositifs destinés à mieux répondre à l'évolution des menaces sécuritaires. Dans cette perspective, il a insisté sur la nécessité de maintenir une coopération étroite avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les autorités provinciales afin de renforcer la protection des populations.
L'autre volet majeur des échanges a concerné la riposte contre l'épidémie d'Ebola, que le responsable onusien considère comme une urgence majeure en Ituri. Il a rappelé que la réponse sanitaire est dirigée par le gouvernement congolais, avec l'appui technique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et des partenaires concernés. Dans ce cadre, la MONUSCO intervient notamment à travers un accompagnement logistique et sécuritaire destiné à faciliter le travail des équipes sanitaires et humanitaires.
Cette contribution concerne notamment l'accès des équipes ainsi que la sécurisation des structures et des opérations sanitaires dans les territoires de Djugu, d'Irumu et de Mambasa. James Swan a salué le travail des équipes de la MONUSCO, l'engagement des autorités provinciales, des personnels de santé et des communautés qui font face quotidiennement aux conséquences de cette crise sanitaire et sécuritaire.
Au terme de sa visite, le chef de la MONUSCO a réaffirmé la volonté de la mission de poursuivre sa collaboration avec les autorités congolaises et les partenaires concernés pour contribuer à la protection des populations et à la réponse aux défis auxquels l'Ituri est confrontée. Il a toutefois précisé que cet engagement s'inscrit dans le cadre du mandat et des capacités de la mission onusienne.