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RDC : la ministre Yolande Elebe veut traduire la Politique culturelle nationale en actions concrètes

ven 16/10/2026 - 13:22
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La ministre de la Culture et des Arts, Yolande Elebe Ma Ndembo, prononce son discours à l’ouverture de l’atelier technique de vulgarisation et d’appropriation de la Politique culturelle nationale.
La ministre de la Culture et des Arts, Yolande Elebe Ma Ndembo, prononce son discours à l’ouverture de l’atelier technique de vulgarisation et d’appropriation de la Politique culturelle nationale.

Par Serge Mavungu 

La République démocratique du Congo dispose désormais d’un cadre de référence pour orienter son développement culturel. Le défi consiste à faire de cet acquis juridique un véritable levier de protection des créateurs, de valorisation du patrimoine et de développement des industries culturelles et créatives. C’est le message porté par la ministre de la Culture et des Arts, Yolande Elebe Ma Ndembo, ce vendredi 16 octobre 2026, à l’ouverture de l’atelier technique de vulgarisation et d’appropriation de la Politique culturelle nationale.

À travers cette rencontre, le ministère entend favoriser une meilleure compréhension de cet instrument par les acteurs appelés à contribuer à sa mise en œuvre. L’enjeu dépasse la seule connaissance du texte : il s’agit de permettre aux institutions publiques, aux professionnels de la culture, aux organisations sectorielles et aux médias de s’en approprier les orientations afin de les traduire en initiatives concrètes.

L’adoption de la Politique culturelle nationale constitue une étape importante dans la structuration du secteur en RDC. Elle offre un cadre pour mieux organiser les activités culturelles, renforcer la protection des artistes et des autres professionnels, préserver le patrimoine national et favoriser la création de valeur dans un domaine dont le potentiel économique demeure considérable.

Pour la ministre, l’existence d’un cadre juridique ne saurait toutefois suffire. Son efficacité dépendra de la capacité des différents intervenants à le faire vivre dans leurs pratiques, leurs décisions et leurs programmes. La vulgarisation apparaît ainsi comme un passage nécessaire entre l’adoption des orientations nationales et leur appropriation par ceux qui doivent les appliquer sur le terrain.

La référence à l’ordonnance-loi n° 12/025 s’inscrit également dans cette dynamique de structuration et de réforme du secteur culturel. L’objectif est de consolider les bases permettant aux créateurs d’exercer leurs activités dans un environnement mieux organisé, tout en favorisant la transmission du patrimoine et l’émergence d’industries culturelles et créatives susceptibles de générer des emplois.

Cette ambition suppose une mobilisation qui ne se limite pas à l’administration centrale. Les institutions publiques, les corporations professionnelles et les médias sont appelés à jouer leur rôle dans la diffusion des orientations de la politique culturelle et dans leur traduction en actions adaptées aux réalités des artistes et des communautés.

L’intervention du représentant de l’UNESCO vient renforcer cette perspective. En soulignant la place de la culture dans le développement, la cohésion sociale et la paix, l’organisation onusienne rappelle que les politiques culturelles ne concernent pas uniquement la préservation des œuvres ou l’organisation des activités artistiques. Elles touchent également aux droits culturels, à la liberté de création, à la protection du patrimoine et à la capacité des sociétés à transmettre leur histoire aux générations futures.

L’accompagnement technique de l’UNESCO, notamment dans les domaines de la réforme des cadres juridiques, de la sauvegarde du patrimoine et de la restitution des biens culturels, témoigne de l’importance de la coopération internationale dans ce processus. Cette collaboration peut contribuer à renforcer les capacités nationales, à condition que les orientations retenues se traduisent par des mécanismes opérationnels et des résultats mesurables.

Pour la RDC, riche d’un patrimoine historique et d’une diversité d’expressions artistiques, la question est désormais celle de la transformation de ce potentiel en véritable ressource de développement. La reconnaissance des artistes, la structuration des filières, la protection des créations et l’amélioration des conditions de travail constituent autant de chantiers qui nécessitent une action coordonnée et durable.

L’atelier de vulgarisation et d’appropriation de la Politique culturelle nationale ouvre ainsi une étape décisive : celle de l’appropriation collective. Car au-delà de l’existence d’un texte, la réussite de cette politique se mesurera à ses effets sur la vie des créateurs, la préservation du patrimoine congolais et la place accordée à la culture dans le développement du pays.

Vendredi 16 octobre 2026 - 13:22