Guerre dans l’est de la RDC : Kinshasa multiplie les démarches diplomatiques pour convaincre ses partenaires sur le dossier des FDLR

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Le ministre Floribert Anzuluni remet un message du Président Félix Tshisekedi destiné aux autorités de l’Union européenne [photo d'illustration]
Le ministre Floribert Anzuluni remet un message du Président Félix Tshisekedi destiné aux autorités de l’Union européenne [photo d'illustration]

Par Prosper Buhuru

La République démocratique du Congo intensifie ses initiatives diplomatiques autour de la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), alors que les opérations de neutralisation de ce mouvement armé restent au cœur des discussions avec les partenaires régionaux et occidentaux.

Dans ce contexte, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a entrepris une tournée diplomatique qui l’a conduit notamment en Ouganda, au Togo, au Burundi, en Tanzanie, puis à Bruxelles et à Paris les 20 et 21 juillet 2026. Officiellement consacrée à la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, cette mission vise également à présenter les avancées revendiquées par Kinshasa dans le traitement du dossier des FDLR. Selon Jeune Afrique, les autorités congolaises cherchent à démontrer qu’elles progressent dans la neutralisation de ce mouvement, considéré par Kigali comme une menace majeure. 

Au centre des discussions figure un protocole d’accord portant sur la démobilisation et le désarmement des FDLR. Ce document aurait été signé par Victor Byiringiro, présenté comme le responsable de la branche politique du mouvement. Kinshasa le présente comme une base pour une reddition volontaire des combattants et, à terme, une dissolution du groupe après une phase de sensibilisation.

Cette démarche intervient dans un contexte délicat pour la mise en œuvre de l’accord de Washington conclu entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame. Les opérations contre les FDLR, tout comme la question du retrait des forces rwandaises soutenant l’AFC/M23 dans l’est de la RDC, demeurent des points de blocage du processus. Washington a récemment appelé les deux parties à accélérer l’exécution de leurs engagements, tout en exprimant des attentes particulières concernant les progrès de la RDC sur le dossier des FDLR.

Selon plusieurs sources diplomatiques citées par Jeune Afrique, le protocole présenté par Floribert Anzuluni est examiné avec attention par certains partenaires de la RDC, qui y voient une initiative concrète, même si des interrogations subsistent quant à sa mise en œuvre effective. Une réunion du Joint Oversight Committee (JOC), mécanisme issu de l’accord de Washington, devait d’ailleurs se tenir ce 24 juillet à l’ambassade des États-Unis à Paris pour examiner notamment la question des FDLR.

Sur le terrain, les résultats restent limités. Les FARDC avaient déjà appelé les différentes factions des FDLR à déposer les armes et à se rendre aux autorités congolaises ou à la MONUSCO. Quelques redditions individuelles et rapatriements ont été enregistrés, mais les opérations militaires annoncées dans certaines zones du Nord-Kivu n’ont pas encore produit de résultats significatifs.

Kinshasa et Kigali continuent par ailleurs de s’accuser mutuellement d’entraver le processus. Le Rwanda affirme disposer d’éléments attestant de liens persistants entre des acteurs congolais et les FDLR, tandis que la RDC soutient que ses contacts avec le mouvement visent uniquement à encourager le désarmement. Les États-Unis maintiennent, de leur côté, une pression diplomatique sur les deux parties afin d’obtenir des avancées concrètes dans les prochaines semaines.

Vendredi 24 juillet 2026 - 09:32