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Chine–RDC : de l’eau à la santé, Pékin veut traduire l’Initiative pour le développement mondial en projets concrets

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Zhao Bin, ambassadeur de la République populaire de Chine en République démocratique du Congo
Zhao Bin, ambassadeur de la République populaire de Chine en République démocratique du Congo

Par Denise Kyalwahi

À l’occasion du cinquième anniversaire de l’Initiative pour le développement mondial (IDM), la Chine réaffirme sa volonté de renforcer la coopération internationale et de contribuer à un développement plus inclusif, durable et centré sur les populations.

Lancée en 2021 par le président chinois Xi Jinping lors de la 76e session de l’Assemblée générale des Nations unies, l’initiative repose sur plusieurs principes : faire du développement une priorité, placer les populations au cœur des politiques, promouvoir une croissance inclusive, encourager l’innovation et rechercher une meilleure harmonie entre l’homme et la nature.

En cinq ans, l’IDM, proposée par la Chine, a progressivement gagné le soutien de nombreux pays et organisations internationales. Plus de 130 pays et organisations, dont la République démocratique du Congo, y participent ou la soutiennent. Le Groupe des amis de l’IDM compte aujourd’hui 88 pays.

À travers différents mécanismes de financement, notamment le Fonds Chine-ONU pour la paix et le développement et le Fonds pour le développement mondial et la coopération Sud-Sud, l’initiative aurait permis de mobiliser plus de 23 milliards de dollars américains, de soutenir plus de 1 800 projets et de former plus de 200 000 personnes dans différents secteurs. Ces actions auraient bénéficié à des populations de plus de 120 pays.

La coopération sino-congolaise mise en avant

La RDC occupe une place particulière dans cette dynamique. Ces dernières années, Pékin et Kinshasa ont cherché à rapprocher leurs stratégies de développement, sous l’impulsion de leurs dirigeants respectifs.

Sur le plan commercial, la Chine a annoncé en mai dernier l’application d’un traitement tarifaire douanier zéro pour les importations en provenance de 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, dont la RDC. Selon l’ambassadeur chinois, les importations chinoises en provenance d’Afrique ont atteint 193,8 milliards de yuans au cours des deux mois suivants, soit une progression de 23,5 % sur un an.

La coopération s’est également étendue au secteur sanitaire. Face à la résurgence d’Ebola en RDC, la Chine affirme avoir apporté une aide humanitaire d’urgence, soutenu les efforts de l’Union africaine et du CDC Afrique, et envoyé trois équipes d’experts médicaux dans le pays.

Dans le secteur de l’eau, la mise en service de l’usine de captage et de traitement d’eau de Kamina, réalisée dans le cadre de la coopération sino-congolaise « ressources contre projets », est présentée comme une nouvelle illustration de cette approche axée sur les besoins des populations.

Cette volonté de renforcer la coopération intervient alors que la communauté internationale fait face à de nombreux défis : les retards dans la réalisation de l’Agenda 2030, l’aggravation des inégalités entre les pays du Nord et du Sud et les perturbations économiques et géopolitiques.

Pour la Chine, ces difficultés renforcent la nécessité d’une coopération internationale davantage orientée vers les résultats et les bénéfices concrets pour les populations.

L’année 2026 constitue également une étape importante avec le lancement du 15e Plan quinquennal chinois. Malgré les difficultés économiques internationales et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, l’économie chinoise a enregistré une croissance de 4,7 % au premier semestre 2026, selon l’ambassadeur Zhao Bin.

Dans les prochaines années, la Chine entend continuer à mettre son développement au service de nouvelles opportunités pour ses partenaires africains, notamment la RDC. Cette coopération devrait passer par la poursuite de l’initiative « la Ceinture et la Route », le soutien au développement durable de l’Afrique et le renforcement du partenariat Chine-Afrique.

Pour Pékin, l’objectif est de construire une communauté d’avenir partagé entre la Chine et l’Afrique et de donner un nouvel élan aux efforts internationaux en faveur du développement.

Au-delà des chiffres et des engagements diplomatiques, le défi reste désormais de traduire cette coopération en projets capables d’améliorer durablement les conditions de vie des populations, notamment dans des secteurs essentiels comme l’eau, la santé, l’agriculture, les infrastructures, l’éducation et la protection de l’environnement.

Jeudi 13 août 2026 - 19:13