Cuivre et cobalt congolais : Glencore ouvre la porte à Orion CMC dans une transaction potentielle estimée à 9 milliards de dollars

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Par Gloire Balolage 

Le groupe minier Glencore et le consortium Orion Critical Mineral (Orion CMC), appuyé par le Gouvernement des États-Unis, ont annoncé la signature d’un protocole d’accord non contraignant portant sur une éventuelle prise de participation dans des actifs miniers stratégiques en République démocratique du Congo.

Conclu le mardi 3 février, cet accord ouvre la voie à une possible acquisition par Orion CMC de 40 % des intérêts détenus par Glencore dans Mutanda Mining (Mumi) et Kamoto Copper Company (KCC).

Selon les dispositions du Memorandum of Understanding (MoU), exploités par nos confrères de 7sur7.cd, cette opération pourrait valoriser les deux sites miniers à près de 9 milliards de dollars américains. Cette estimation met en évidence le poids stratégique de la RDC dans l’approvisionnement mondial en minéraux critiques, notamment le cuivre et le cobalt, deux ressources essentielles pour les industries technologiques et énergétiques.

Dans le cadre de la transaction envisagée, Orion CMC obtiendrait le droit de nommer des administrateurs non exécutifs au sein des organes de gouvernance de Mumi et KCC. Le consortium pourrait également assurer la commercialisation de sa part de production auprès d’acheteurs identifiés, conformément aux engagements pris dans le cadre du partenariat stratégique entre les États-Unis et la RDC. 

Malgré cette réorganisation potentielle, Glencore continuerait d’assurer l’exploitation et la gestion opérationnelle des sites concernés. Du côté américain, cette initiative est perçue comme un levier stratégique pour renforcer la coopération bilatérale et sécuriser l’accès aux minéraux critiques. 

Le secrétaire d’État adjoint des États-Unis, Christopher Landau, a estimé que ce projet s’inscrit pleinement dans les objectifs du partenariat stratégique entre les deux pays, visant à encourager les investissements américains dans le secteur minier congolais et à garantir des flux d’approvisionnement fiables et mutuellement avantageux.

Pour Glencore, cette démarche traduit également la confiance des investisseurs internationaux envers le climat des affaires en RDC. Son directeur général, Gary Nagle, considère que cette opération reflète les efforts entrepris par les autorités congolaises pour attirer des capitaux étrangers et renforcer le développement du secteur minier national. 

Il a par ailleurs rappelé que la RDC demeure le premier producteur mondial de cobalt et figure parmi les principaux producteurs de cuivre, deux minerais indispensables à plusieurs secteurs industriels stratégiques à l’échelle mondiale. Le projet bénéficie également du soutien de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC). 

Son directeur général, Ben Black, estime que cet investissement potentiel contribuerait à sécuriser l’approvisionnement en minéraux critiques pour les États-Unis et leurs partenaires, tout en favorisant la création d’opportunités économiques et le renforcement de la stabilité régionale en RDC. Créé en octobre 2025, Orion CMC est un consortium piloté par Orion Resource Partners en collaboration avec le gouvernement américain. 

Cette structure a pour mission de mettre en place des chaînes d’approvisionnement responsables, sûres et résilientes dans le domaine des minéraux critiques. Son fondateur et directeur général, Oskar Lewnowski, considère ce projet comme une illustration concrète des ambitions du consortium en matière de production durable et de sécurisation des ressources stratégiques pour les alliés des États-Unis.

Glencore et Orion CMC ont également exprimé leur volonté d’examiner, en collaboration avec le Gouvernement congolais et la Gécamines, de nouvelles opportunités d’expansion et de développement en RDC ainsi que dans l’ensemble de la ceinture cuprifère africaine. 

Cependant, la concrétisation de cette opération demeure tributaire de plusieurs conditions, notamment la réalisation d’audits approfondis, la signature d’accords juridiquement contraignants et l’obtention des autorisations réglementaires requises.

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Mercredi 4 février 2026 - 16:35