Par Gloire Balolage
La République démocratique du Congo sort officiellement de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI). La décision, prise ce vendredi 30 octobre 2026, à Paris, marque l'aboutissement du processus engagé par Kinshasa depuis son inscription en octobre 2022 pour corriger les failles de son dispositif de lutte contre la criminalité financière.
Le ministère des Finances a salué cette décision, la qualifiant d'« avancée historique pour la crédibilité financière du pays ». Cette annonce intervient à l'issue de la plénière du GAFI, qui a décidé de retirer la RDC de la liste des juridictions soumises à une surveillance renforcée, communément appelée « liste grise ».
L'inscription de la RDC sur cette liste, en octobre 2022, était liée à des lacunes stratégiques dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et celui de la prolifération des armes de destruction massive. Pour remédier à ces insuffisances, le gouvernement congolais a mis en œuvre un plan d'action comprenant 23 mesures, dont l'exécution a été documentée à travers dix rapports de progrès.
La vérification de ces réformes a notamment fait l'objet d'une mission du GAFI effectuée en septembre dernier en RDC. Cette mission avait pour objectif d'évaluer leur mise en œuvre effective ainsi que leur durabilité. Le processus a été coordonné par le ministère des Finances, en collaboration avec la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF).
Pour les autorités congolaises, cette sortie de la liste grise devrait contribuer à faciliter les relations entre les institutions financières du pays et les banques correspondantes à l'étranger. Elle devrait également améliorer la perception du risque associé aux opérations financières impliquant la RDC.
Le gouvernement reconnaît néanmoins que cette décision ne signifie pas la disparition des risques liés à la criminalité financière. Elle ne met pas non plus un terme aux efforts nécessaires pour consolider les réformes engagées et préserver les acquis obtenus.
Au-delà de l'exécution de son plan d'action, la RDC a également renforcé sa coopération internationale en matière de renseignement financier. En juillet 2026, la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF) a rejoint le Groupe Egmont, un réseau international qui facilite les échanges sécurisés d'informations entre les cellules de renseignement financier de différents pays. Cette adhésion doit notamment permettre de mieux suivre les mouvements de fonds suspects au-delà des frontières.
La sortie de la liste grise ouvre toutefois une nouvelle phase pour les autorités congolaises : celle de la consolidation des réformes et de leur application durable. Au-delà de la conformité aux exigences internationales, l'efficacité du dispositif devra également se mesurer à sa capacité à détecter les opérations suspectes, à favoriser les poursuites judiciaires et à permettre la confiscation des avoirs issus d'activités criminelles.