Par Serge Mavungu
L’Assemblée nationale a franchi une première étape dans l’examen du projet de loi de finances pour 2027. Réunis en plénière vendredi 30 octobre, les députés nationaux ont déclaré le texte recevable après deux jours de discussions et les réponses de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka.
Chiffré à 56 930 milliards de francs congolais, le projet prévoit une progression de près de 12 % par rapport au budget rectificatif de 2026. Équilibré en recettes et en dépenses, il représente près du triple des prévisions établies au début du premier quinquennat du président Félix-Antoine Tshisekedi.
Croissance et mobilisation des recettes au cœur des projections
Répondant aux préoccupations des députés, Judith Suminwa a articulé son intervention autour de la crédibilité financière du budget, de sa portée sociale et de sa capacité à répondre aux besoins des territoires.
Le Gouvernement table sur une croissance de 5,8 % en 2027, contre 5,6 % en 2026, ainsi que sur une hausse de 15,5 % des recettes courantes, notamment grâce aux réformes fiscales et au renforcement de la mobilisation des ressources publiques.
La Première ministre a salué la qualité des échanges avec les élus, estimant que leurs interventions traduisent les attentes de la population.
« Nous les considérons non pas comme de simples observations sur un document budgétaire, mais comme l'expression légitime des aspirations de nos populations, dont vous êtes les représentants », a-t-elle souligné.
Défense et sécurité : des ressources et des recrutements annoncés
La sécurité a également occupé une place importante dans les réponses gouvernementales. Selon les prévisions, 20 % des recettes courantes seront consacrées aux forces de défense et de sécurité, à la diplomatie ainsi qu’à la communication de guerre.
Judith Suminwa a aussi annoncé le recrutement de 20 000 militaires et 18 000 policiers en 2027.
Mécanisation, retraites et développement local
Le volet social prévoit la mécanisation de 50 000 agents de l’État non encore rémunérés et la mise à la retraite de 30 000 agents. Une enveloppe de 825 milliards de francs congolais est par ailleurs destinée à la poursuite du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T).
Ces mesures doivent répondre aux attentes sociales et soutenir le développement local.
Le retrait de la liste grise du GAFI mis en avant
La Première ministre a également évoqué le retrait officiel de la République démocratique du Congo de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), présenté comme un progrès pour la crédibilité du système financier congolais et la confiance des partenaires internationaux.
Insistant sur la nécessité d’obtenir des résultats concrets, Judith Suminwa a déclaré : « Car un budget n’est pas simplement un document de prévisions et d’autorisations de dépenses. C’est, avant tout, un contrat de confiance entre l'État et le peuple ».
La recevabilité du texte ouvre la voie à son examen détaillé par la Commission économique et financière (Écofin). Celle-ci analysera ses dispositions et pourra y apporter des enrichissements avant son retour en plénière pour adoption.