Par Gloire Balolage
Le Président du Burundi, Evariste Ndayishimiye, prend, ce samedi 14 février 2026, la présidence tournante de l’Union africaine, à l’ouverture du 39e sommet des chefs d’État et de Gouvernement organisé à Addis-Abeba, en Éthiopie. Cette passation de pouvoir marque un moment important pour l’organisation continentale, dans un contexte marqué par une multiplication de crises politiques et sécuritaires à travers l’Afrique.
Une cinquantaine de dirigeants africains prennent part à ce rendez-vous annuel de l’Union africaine. Lors de la cérémonie d’ouverture, plusieurs personnalités doivent intervenir, notamment le président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, le Premier Ministre éthiopien Abiy Ahmed, le Président sortant de l’UA João Lourenço, ainsi que son successeur burundais. Comme à l’accoutumée, le Président de l’Autorité palestinienne et le secrétaire général des Nations Unies sont également invités à s’exprimer.
À titre exceptionnel, Giorgia Meloni est présente pour promouvoir les investissements italiens sur le continent.
Ce sommet s’ouvre alors que le continent fait face à une accumulation de crises complexes. Les dossiers inscrits à l’ordre du jour sont nombreux, au point que peu de décisions majeures sont attendues. Les chefs d’État devraient surtout encourager la poursuite des initiatives déjà engagées dans plusieurs pays en conflit.
La situation dans l’est de la République démocratique du Congo figure parmi les priorités. Plusieurs démarches sont en cours, notamment les accords de Washington et de Doha, la préparation d’un dialogue inter-congolais ainsi qu’une proposition de cessez-le-feu portée par la médiation angolaise. Le sommet devrait appuyer ces processus sans annoncer de nouvelle initiative majeure.
Au Soudan, la guerre a pris une dimension régionale avec des accusations d’ingérences extérieures. La question de la réintégration du pays au sein de l’Union africaine divise également les États membres. Certains soutiennent un retour du Soudan dans l’organisation en appui au Gouvernement du général Al-Burhan, tandis que d’autres estiment que le contexte ne s’y prête pas encore.
Les violences au Soudan du Sud seront aussi examinées. Les affrontements entre l’Armée fidèle au Président Salva Kiir et les Forces loyales à l’ancien Vice-président Riek Machar remettent en cause l’efficacité du Gouvernement d’union nationale. L’Union africaine pourrait réfléchir à d’autres options, même si aucune orientation claire ne se dégage pour l’instant.
Enfin, ce sommet sera marqué par la recomposition du Conseil paix et sécurité.
À l’issue d’un vote ministériel, le Bénin, le Gabon, le Lesotho, le Maroc, la Somalie et l’Afrique du Sud ont été élus comme nouveaux membres. La Côte d’Ivoire, la RDC, la Sierra Leone et l’Ouganda ont été reconduits. C’est donc dans ce contexte chargé que le Burundi assume la présidence de l’Union africaine, avec pour mission de maintenir le dialogue et d’encourager les efforts de médiation sur les différentes crises du continent.