Par Serge Mavungu
La deuxième réunion de la Commission tripartite entre la République démocratique du Congo, la République du Burundi et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s’est clôturée ce jeudi 4 juin 2026 au Pullman Grand Hôtel de Kinshasa.
Le communiqué final des travaux a été lu par Erick Mukandila, secrétaire permanent de la Commission nationale pour les réfugiés. Le document pose les bases d’un cadre opérationnel commun pour les trois prochaines années. Au cœur des engagements, les trois parties réaffirment le « principe du retour volontaire, libre, sûr et digne » comme option privilégiée pour les réfugiés burundais vivant en RDC et les réfugiés congolais vivant au Burundi.
Ce principe sera appliqué « dans le respect des instruments internationaux et nationaux », avec la garantie du « respect du principe de non-refoulement » sur les deux territoires.
Sur le volet opérationnel, le HCR accompagnera directement le processus de rapatriement et de réintégration dans les deux pays, « conformément à son mandat et en coordination avec les autorités nationales ». L’agence onusienne est également chargée de « poursuivre le plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers » afin de mobiliser les ressources nécessaires au rapatriement, à la réintégration des rapatriés et à l’appui des communautés d’accueil. Kinshasa et Bujumbura s’engagent à harmoniser leurs mécanismes de protection. L’objectif est d’aligner les procédures d’enregistrement, de documentation et d’accès aux services de base pour tous les réfugiés concernés. Afin de fluidifier les mouvements des populations, les deux gouvernements conviennent également de renforcer la coopération transfrontalière entre leurs autorités administratives, sécuritaires et humanitaires.
Les États s’engagent en outre à « créer les conditions propices au retour et à la réintégration durable ». Cela passe notamment par la pacification, la stabilisation et le développement des zones de retour. Une campagne de sensibilisation sera menée afin d’informer les réfugiés « sur les conditions de retour et les opportunités de réintégration dans leurs pays d’origine ». Pour garantir la mise en œuvre des engagements pris, un mécanisme de suivi et d’évaluation sera instauré. Le Groupe de travail technique se réunira régulièrement afin d’évaluer l’état d’avancement des actions convenues. Les deux États saluent par ailleurs « le rôle du HCR en tant que facilitateur du processus tripartite » et réaffirment leur volonté de coopérer étroitement avec l’organisation.
La prochaine réunion de la Commission tripartite se tiendra à une date qui sera fixée par voie diplomatique. La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières de la RDC, Jacquemain Shabani, du ministre burundais de l’Intérieur, Léonidas Ndaruhutse, ainsi que du représentant du HCR en RDC, le Dr Pierre Atchom.