Par Don Benjamin Makolo
La République démocratique du Congo, qui assure la présidence du Conseil de sécurité des Nations Unies pour le mois de juillet, a présidé ce jeudi 23 juillet 2026 à New York un débat public consacré au renforcement des mécanismes de règlement pacifique des différends. À cette occasion, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a appelé la communauté internationale à renforcer la diplomatie préventive en activant plus tôt les instruments prévus par la Charte des Nations Unies et en assurant un meilleur suivi des décisions adoptées par le Conseil.
Dans son intervention, la cheffe de la diplomatie congolaise a rappelé que le règlement pacifique des différends constitue l’un des fondements de l’ordre international et que les mécanismes tels que la négociation, la médiation, la conciliation, l’arbitrage ou encore les bons offices du Secrétaire général sont avant tout des outils de prévention des conflits.
« La diplomatie préventive commence bien avant le premier coup de feu. Elle consiste à détecter les risques, établir les faits, maintenir ouverts les canaux de dialogue, créer les conditions de la désescalade et offrir des alternatives crédibles à la violence », a déclaré Thérèse Kayikwamba.
La mise en œuvre des résolutions au cœur des préoccupations
La ministre d’État a toutefois estimé que le véritable défi ne réside pas dans l’absence de mécanismes internationaux, mais dans leur application.
Selon elle, de nombreuses résolutions restent incomplètement mises en œuvre, tandis que les sanctions et les mécanismes de suivi sont souvent affaiblis ou activés tardivement.
« La crédibilité du Conseil de sécurité ne se mesure pas uniquement au nombre de résolutions qu’il adopte, elle se mesure à sa capacité de faire vivre les mécanismes qu’il crée et de faire respecter les décisions qu’il prend », a-t-elle affirmé.
La résolution 2773, un test pour le Conseil de sécurité
Évoquant la situation dans l’Est de la RDC, Thérèse Kayikwamba a insisté sur l’importance de l’application effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, qui exige notamment la cessation des hostilités, le retrait des forces étrangères, la fin du soutien aux groupes armés ainsi que le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
Pour la ministre, l’exécution de cette résolution dépasse le seul cadre congolais.
« Sa mise en œuvre constitue un test de la crédibilité du Conseil de sécurité, car une résolution qui demeure sans effet affaiblit non seulement la paix qu’elle entend protéger, mais également l’autorité même du Conseil », a-t-elle souligné.
Elle a également rappelé que le dialogue ne peut se substituer au respect du droit international, estimant que la médiation et l’application des décisions du Conseil doivent avancer de manière complémentaire.
Agir sur les causes profondes des conflits
La cheffe de la diplomatie congolaise a également dénoncé l’exploitation illicite des ressources naturelles dans l’Est de la RDC, qu’elle considère comme l’un des principaux moteurs de l’insécurité.
Selon elle, ces activités financent les groupes armés, fragilisent l’autorité de l’État et entretiennent des économies criminelles qui compromettent durablement les efforts de paix.
Pour prévenir efficacement les conflits, elle a plaidé en faveur d’une approche globale associant sécurité, diplomatie, gouvernance, justice, développement et lutte contre l’impunité.
Trois priorités pour renforcer la prévention
Dans son plaidoyer, Thérèse Kayikwamba a proposé trois axes d’action prioritaires : faire de la prévention un réflexe collectif en mobilisant plus rapidement les outils prévus par la Charte des Nations Unies, renforcer le suivi de l’application des résolutions grâce à des responsabilités clairement identifiées et à des rapports réguliers, puis préserver l’efficacité des mécanismes existants, notamment les organes subsidiaires, les dispositifs de surveillance et les bons offices.
Elle a également insisté sur le renforcement de la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales, estimant que l’expérience africaine démontre qu’une action coordonnée permet souvent d’intervenir plus rapidement et avec une meilleure connaissance des réalités locales.
En conclusion, la ministre d’État a réaffirmé la vision portée par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur d’une diplomatie de résultats, fondée sur le respect de la souveraineté des États et des partenariats équilibrés.
« Les instruments existent. Notre responsabilité collective est désormais de les utiliser plus tôt, plus systématiquement et avec davantage de cohérence, car la meilleure résolution d’un conflit est encore celle qui aura permis qu’il n’éclate jamais », a conclu Thérèse Kayikwamba Wagner.