Par Prosper Buhuru
Le Groupe de contact international pour les Grands Lacs (ICG) a exprimé, jeudi 5 mars 2026, sa vive inquiétude face aux violations persistantes des cessez-le-feu dans l’est de la République démocratique du Congo, appelant les parties impliquées à mettre fin aux hostilités et à reprendre le chemin des négociations.
Dans une déclaration publiée à l’issue de ses consultations, ce groupe composé notamment de la Belgique, du Danemark, de l’Union Européenne, de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Suède, de la Suisse, du Royaume-Uni et des États-Unis ; sous la présidence de la Suède ; affirme que les engagements pris dans le cadre des accords de Washington du 4 décembre 2025, ainsi que ceux du processus de Doha du 19 juillet 2025, ne sont toujours pas pleinement respectés.
Le document souligne en particulier les violations récentes du cessez-le-feu dans l’est du pays, évoquant notamment l’utilisation de drones dans des attaques militaires, une pratique jugée préoccupante en raison des risques qu’elle fait peser sur les populations civiles. Face à cette situation, l’ICG appelle toutes les parties concernées à renouveler de manière urgente et sans ambiguïté leur engagement à cesser les hostilités.
Selon le groupe, aucune solution militaire durable ne peut résoudre la crise sécuritaire dans l’est de la RDC. Les membres de l’ICG exhortent ainsi les acteurs impliqués à appliquer pleinement les engagements pris dans les accords de Washington et dans le processus de Doha, tout en respectant les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment les résolutions 2773 et 2808 relatives à la stabilité dans la région et au respect de l’intégrité territoriale.
La déclaration salue, par ailleurs, les efforts de médiation en cours, notamment ceux conduits par le médiateur désigné par l’Union africaine, Faure Gnassingbé, Président du Conseil de la République du Togo, ainsi que le panel de facilitateurs impliqués dans ce processus. Le groupe met également en avant le rôle des États-Unis et du Qatar dans la facilitation des discussions entre les différentes parties.
L’ICG se félicite également des initiatives visant à mettre en place un mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, soutenu notamment par le Qatar, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO).
Dans cette perspective, le groupe rappelle l’importance de créer les conditions d’un dialogue inter-congolais inclusif impliquant les principaux acteurs politiques et sociaux du pays, estimant qu’un tel processus constitue une étape essentielle vers une paix durable en RDC. Les membres de l’ICG saluent également les consultations engagées par la République d’Angola dans ce sens.
Sur le plan humanitaire, la déclaration appelle toutes les parties à respecter strictement le droit international humanitaire et à garantir un accès sûr et sans entrave à l’aide destinée aux populations affectées par le conflit.
Le groupe note, toutefois, certaines avancées jugées positives, notamment les engagements pris par les Gouvernements et acteurs régionaux pour améliorer l’accès humanitaire. Il cite entre autres la réouverture de la frontière entre la RDC et le Burundi, la visite à Goma du chef intérimaire de la MONUSCO et représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, Bruno van de Perre, ainsi que l’utilisation de l’aéroport de Goma lors de cette mission, une démarche qui pourrait ouvrir la voie à une reprise durable des vols humanitaires.
Enfin, l’ICG appelle les parties à mettre fin aux discours incitant à la haine, à la discrimination ou à la violence, notamment à l’encontre des minorités rwandophones, estimant que de telles attitudes représentent une menace grave pour la cohésion sociale et la sécurité des populations civiles.
Le Groupe de contact international pour les Grands Lacs affirme, dans sa déclaration, rester prêt à soutenir les initiatives diplomatiques et politiques visant à restaurer la paix et la stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo.