Est de la RDC : James Swan dresse un tableau alarmant des violences, avec plus de 600 civils tués en trois mois, et réclame le déploiement urgent de l'EJVM+

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Le chef de la MONUSCO, James Swan, au Conseil de sécurité de l'ONU [photo d'illustration]
Le chef de la MONUSCO, James Swan, au Conseil de sécurité de l'ONU [photo d'illustration]

Par la Rédaction

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo et chef de la MONUSCO, James Swan, a présenté, vendredi, devant le Conseil de sécurité, un tableau particulièrement préoccupant de la situation sécuritaire et humanitaire dans l'est du pays.  

Il a fait état d'une recrudescence des violences contre les populations civiles, tout en appelant à préserver la dynamique diplomatique engagée à travers les accords de Washington et le processus de Doha afin de favoriser une désescalade durable du conflit.

Sur le plan humanitaire, James Swan a révélé que, depuis le 19 mars 2026, au moins 632 civils ont été tués dans les conflits armés au Nord-Kivu et en Ituri. Au cours de la même période, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme a enregistré 1 221 violations des droits humains, impliquant notamment des cas de violences sexuelles attribués aussi bien aux groupes armés qu'à certains membres des forces de sécurité congolaises. Ces exactions ont fait près de 3 000 victimes, parmi lesquelles figurent 392 femmes et 378 enfants.

Le chef de la MONUSCO a souligné que les Forces démocratiques alliées (ADF) demeurent responsables d'une part importante de ces violences. En Ituri, ce groupe a tué 287 civils depuis la présentation du précédent rapport au Conseil de sécurité, dont 44 femmes. Au Nord-Kivu, après une période d'accalmie observée au début de l'année, les attaques ont repris ces dernières semaines, faisant 66 morts parmi les civils, dont 17 femmes et trois enfants. Il a également insisté sur les difficultés persistantes d'accès humanitaire dans plusieurs zones affectées par les combats.

Évoquant la situation militaire, James Swan a décrit un contexte qu'il qualifie de « complexe, volatile et dévastateur pour les populations ». Selon lui, de violents affrontements opposent l'AFC/M23, soutenu par les Forces de défense rwandaises, aux FARDC et, dans certaines localités, aux FDLR. Trois principaux foyers de tension ont été identifiés : Rubaya et Rutshuru, au Nord-Kivu, ainsi que les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, autour du village stratégique de Minembwe. Il a en outre alerté sur le recours croissant aux drones offensifs, à l'artillerie et aux armes lourdes, ce qui accroît considérablement les risques pour les civils et les infrastructures.

Sur le plan diplomatique, le Représentant spécial a indiqué que l'AFC/M23 s'est partiellement retiré de certaines zones de Lubero, Walikale et de la plaine de la Ruzizi, à Uvira, conformément aux engagements pris. Il a toutefois averti que le mouvement poursuit la consolidation de structures administratives parallèles dans les territoires qu'il contrôle, une évolution qu'il juge préoccupante quant à ses intentions.

Face à cette crise, la MONUSCO affirme avoir renforcé son dispositif opérationnel malgré les difficultés financières qui affectent les opérations de maintien de la paix des Nations unies. La mission a mené plus de 2 100 patrouilles conjointes avec les FARDC, déployé des bases mobiles dans les secteurs les plus exposés et poursuivi son appui aux mécanismes locaux de paix, notamment en Ituri, où des avancées ont été enregistrées dans le dialogue entre groupes armés.

Enfin, James Swan a salué la signature du mémorandum conclu entre le gouvernement congolais, l'AFC/M23 et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) en vue de l'opérationnalisation du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (EJVM+), chargé de surveiller le respect du cessez-le-feu prévu dans le cadre du processus de Doha. Il a réaffirmé la disponibilité de la MONUSCO à fournir un soutien logistique et sécuritaire à ce mécanisme, tout en plaidant pour son déploiement rapide.

Samedi 27 juin 2026 - 08:54